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dimanche 24 février 2013

Dans la physique d'Aristote

Il part de la réalité du changement et s'efforce de l'expliquer : c'est ici qu'intervient la distinction capitale de l'acte et de la puissance : un gland est un chêne en puissance, l'arbre sera en acte lorsqu'il aura poussé. Entre l'être et le non-être, il y a donc un intermédiaire : la puissance. Le devenir du monde apparaît à tout moment comme l'éveil de ce qui sommeille, comme actualisation incessante des puissances.
On peut distinguer quatre types de causes : la cause matérielle, la cause formelle, la cause efficiente et la cause finale. 
La cause matérielle, c'est ce en quoi une chose est faite.
La cause formelle, c'est le type, l'essence, ce qui donne à chaque chose sa forme déterminée.
La cause efficiente, c'est antécédent direct qui provoque un changement, et par là, le principe immédiat du mouvement. 
La cause finale, c'est le but en vue duquel tout le reste s'organise.
Pour Aristote la cause finale ne rencontre pas seulement dans les productions artificielles de l'art humain. Elle agit aussi dans la nature ; c'est elle qui guide les changements du gland vers la réalisation de la forme parfaite, le chêne en acte. Pour Aristote, finaliste convaincu, la nature ne fait rien en vain.


samedi 22 septembre 2012

Retour sur la "Théorie aristotélicienne de la causalité"

La théorie aristotélicienne de la causalité désigne la conception de la causalité développée par le philosophe Aristote. Forgée au IVe siècle av. J.-C., cette vision de la causalité s'écarte grandement de ce qu'on nomme « cause » à l'époque contemporaine. Pour Aristote, la cause n'est pas simplement ce qui précède l'effet : c'est une notion métaphysique complexe. Il distingue ainsi quatre types de causes :
cause matérielle (la matière qui constitue une chose),
cause formelle (l'essence de cette chose),
cause motrice (ce qui produit la chose),
et cause finale (ce « en vue de quoi » la chose est faite).

Cette typologie est exposée dans plusieurs ouvrages, et en particulier en Physique (II, 3-9). La théorie des causes est importante au sein de l’œuvre d'Aristote : celui-ci définit l'enquête philosophique elle-même comme une recherche des causes. Elle est aussi historiquement signifiante : de nombreux penseurs réassumeront totalement ou en partie cette théorie au cours des siècles. Elle perd toutefois en pertinence à partir de l'époque moderne, pour tomber en désuétude à l'époque contemporaine.

La cause matérielle

Il s'agit de la cause la plus inaccessible, la moins connaissable, bien qu'elle soit en même temps la plus évidente. La matière et la forme sont fondues dans le sunolon, la substance composée.
Et s'il est possible à l'intellect de l'homme de dégager la forme de la matière, ce qui rend la connaissance possible, il ne lui est pas possible d'envisager la matière seule, pure. Elle est le pondérable, le sensible, le corps d'un animal ou d'une œuvre.

Dans les concepts fondamentaux d'Aristote, la puissance est associée à la matière.
La cause formelle
La forme d'un objet n'est pas que sa forme géométrique : c'est sa définition, ce qui le rend définissable. Par exemple, ce qui différencie un homme d'une statue qui le représenterait, c'est la possession d'une âme. Plus que ses caractéristiques physiques, c'est la possession de cette faculté qui va permettre de définir l'homme ; ainsi, l'âme est la forme du corps. La forme d'une œuvre d'art, c'est l'idée qu'en a l'artiste. Elle est d'une importance capitale dans la théorie de la connaissance d'Aristote.

La cause motrice

Les disciples d'Héraclite affirmaient qu'il était impossible de connaître quoi que ce soit, du fait que toute chose est en mouvement permanent - ce pour quoi Platon proposera sa théorie des Formes, ou Idées, immuables. Pour Aristote, le mouvement n'est pas chaotique, mais obéit lui aussi à des lois : l'univers accessible aux sens est donc connaissable en lui-même.

Le mouvement reflète, chez Aristote, une acception beaucoup plus large que celle communément acceptée aujourd'hui : Il ne s'agit pas seulement d'un changement de lieu. Des phénomènes comme la génération et la corruption sont aussi, pour Aristote, des formes de mouvement. Ainsi, la croissance d'un oiseau dans son œuf, ou la décomposition du cadavre de ce même oiseau, sont des formes de mouvement.

On a souvent décrié la philosophie d'Aristote parce qu'il ne distinguait pas, dans le mouvement, la vitesse et l'accélération. Il faut considérer que le mouvement au sens d'Aristote est un concept philosophique, et non un concept physique.

Cette représentation se veut également d'intégrer l'aspect chimique de certaines interactions à la description physique de leurs phénomènes ; on pourra reprocher à cette vision sa méconnaissance du rapport entre les puissances et les vitesses des interactions physiques et chimiques au sein d'un système.

La cause finale 

Elle est souvent difficile à distinguer de la cause formelle. C'est la raison d'être de la chose, ce en vue de quoi elle existe. Comme « La nature ne fait rien en vain ni de superflu » (Parties des Animaux), le rôle qu'un être a à accomplir lui sera rendu possible par les moyens dont il dispose — moyens dont la cause formelle rend compte.

La finalité est un concept capital de la philosophie d'Aristote : « Tout art et toute investigation, et pareillement toute action et tout choix, tendent vers quelque fin. » (Éthique à Nicomaque)

Cette dernière cause, en engendrant la véritable question, « QUID EST » (« qu'est-ce que c'est ? »), entraîne la réflexion philosophique.

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