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mercredi 23 janvier 2013

Promethée, enchaîné

Prométhée, qui était plus avisé qu'Atlas, avait prévu l'issue de la révolte contre Cronos et, par conséquent, préféra combattre aux côtés de Zeus; il persuada Epiméthée de faire de même. Il était, à la vérité, le plus avisé de sa race, et Athéna, à la naissance de laquelle il avait assisté lorsqu'elle avait jailli de la tête de Zeus, lui enseigna l'architecture, l'astronomie, les mathématiques, la navigation, la médecine, la métallurgie et bien d'autres arts utiles qu'il communiqua aux hommes. 
Mais Zeus, qui avait décidé d'exterminer totalement la race des hommes, et qui ne l'avait épargnée que sur l'intervention expresse de Prométhée, s'irrita de leurs talents divers et aussi de voir leurs pouvoirs s'accroître sans cesse.
Un jour, une querelle éclata à Sycione, au sujet d'un taureau offert en sacrifice: personne n'était d'accord sur les morceaux qui devaient être consacrés aux dieux et ceux qui revenaient aux hommes.
Prométhée, appelé pour être l'arbitre du conflit, dépeça et découpa un taureau et avec la peau il fit deux sacs qu'il remplit de ce qu'il avait découpé. Le premier sac contenait toute la chair, mais il la dissimula sous l'estomac, qui est la partie la moins appétissante de l'animal, le second contenait les os cachés sous une onctueuse couche de graisse blanche. Lorsqu'il demanda à Zeus de choisir celui-ci, facilement trompé, choisit le sac contenant les os et la graisse qui fut désormais la part réservée aux dieux; mais Zeus punit Prométhée en retirant le feu aux hommes. 
Prométhée se rendit aussitôt chez Athéna et la pria de le faire entrer secrètement dans l'Olympe, ce qu'elle lui accorda. Aussitôt qu'il y fut parvenu, il alluma une torche au char de feu du Soleil et il en détacha un morceau de braise incandescente qu'il glissa dans la tige creuse d'un fenouil géant. Puis, éteignant sa torche, il s'enfuit sans être aperçu et donna le feu aux hommes. Zeus jura de se venger. Il donna l'ordre à Héphaïstos de fabriquer une femme en argile, aux quatre Vents d'insuffler la vie en elle, à toutes les déesses de l'Olympe de la parer.
Cette femme, Pandore, la plus belle qui fût jamais créée, Zeus l'envoya en présent à Epiméthée, sous la conduite d'Hermès. Mais Epiméthée, qui avait été prévenu par son frère de n'accepter aucun cadeau venant de Zeus, s'excusa respectueusement et refusa son présent. De plus en plus irrité, Zeus fit enchaîner Prométhée, nu, à une colonne dans les montagnes du Caucase où un vautour vorace lui dévorait le foie toute la journée. Et il n'y avait pas de terme à sa souffrance, car toutes les nuits son foie se reconstituait. Mais Zeus pour s'excuser de sa cruauté, fit circuler une histoire qu'il avait inventée: Athéna, racontait-il, avait fait venir Prométhée dans l'Olympe à cause d'une secrète aventure amoureuse.
Epiméthée, très ému du sort de son frère, s'empressa d'épouser Pandore, que Zeus avait faite aussi sotte, aussi méchante et aussi paresseuse qu'il l'avait faite belle. Peu après, elle ouvrit une jarre que Prométhée avait recommandé à son frère de tenir close et dans laquelle il avaiteu le plus grand mal à enfermer tous les maux capables d'affliger le genre humain: notamment la vieillesse, le travail, la maladie, la folie, le vice et la passion. Tous les maux se répandirent au-dehors en une immense nuée et piquèrent Epiméthée et Pandore sur toutes les parties du corps puis s'attaquèrent aux mortels. Cependant la trompeuse Espérance, que Prométhée avait aussi enfermée dans la jarre, les dissuada, par ses mensonges, d'un suicide général. Un jour, Héraclès atteignit les montagnes du Caucase où Prométhée avait été enchaîné tandis qu'un griffon-vautour, né de Typhon et d'Echidna, lui arrachait le foie.



Zeus s'était repenti de lui avoir infligé ce châtiment, car Prométhée l'avait, depuis, averti amicalement de ne pas épouser Thétis, de crainte qu'elle n'engendre quelqu'un qui serait plus puissant que lui, et, à présent qu'Héraclès intercédait pour le pardon de Prométhée, Zeus l'accorda. Cependant, comme il l'avait un jour condamné à un châtiment éternel, Zeus stipula que pour donner l'impression d'être toujours prisonnier, il devrait porter une bague faite du métal de ses chaînes et sertie d'une pierre du Caucase, et ce fut la première bague sertie d'une pierre.
Mais les souffrances de Prométhée devaient durer jusqu'au jour où un immortel descendrait de son plein gré au Tartare, à sa place; aussi Héraclès rappela-t-il à Zeus qu'il tardait à Chiron de se libérer de son don d'immortalité depuis qu'il souffrait d'une blessure incurable.

Ainsi n'y avait-il plus d'obstacle et Héraclès, invoquant Apollon abattit le griffon vautour d'une flèche au cœur et délivra Prométhée.




Prométhée est le fils de Japet, un Titan fils d'Ouranos ; il est donc le cousin de Zeus, fils d'un autre Titan, Kronos. Dans la mythologie grecque telle que la raconte le poète Hésiode, il joue le rôle du trickster, le fraudeur qui triche non pour lui-même, mais pour les autres, dont il devient le bienfaiteur. Par la fraude qui permet d'assurer aux hommes la meilleure part de la victime sacrifiée, Prométhée établit une séparation entre les dieux et les hommes dans l'acte même du repas sacrificiel.

La bête sacrifiée est divisée en deux parties. Aux hommes vont les chairs qui seront mangées, tandis qu'aux dieux vont les os et la graisse, immangeables, qui monteront en fumée vers les dieux. Zeus, qui se sent dupé, décide de punir les hommes en les privant du feu de sa foudre. Or celui-ci est essentiel pour la survie de l'humanité puisqu'il sert à la cuisine, au chauffage et à tous les arts. C'est donc pour éviter aux hommes les conséquences désastreuses de cette punition que Prométhée intervient une fois encore pour les aider : il dérobe le feu de Zeus et le leur donne. Ce nouveau don, qui est un vol, établit une séparation radicale entre les dieux et les hommes, qui, par le moyen du feu, acquièrent une autonomie qu'ils n'avaient pas lorsqu'ils dépendaient du feu du ciel. Mais cette autonomie se paie. Pour se venger, Zeus va faire à l'homme le don de la femme, qui s'avérera être lui aussi particulièrement ambigu. Par le mariage qu'elle représente, la femme est pour l'homme le seul moyen d'avoir des enfants et d'assurer ainsi une certaine forme d'immortalité. Mais pour nourrir sa famille, l'homme doit travailler la terre et récolter des céréales. L'espèce humaine peut donc se perpétuer, mais à la condition d'établir entre les hommes et les femmes des relations génératrices de maux associés à la mort et au travail. La lutte contre la mort exige que la femme souffre en enfantant, tandis que l'homme perd sa vie en travaillant.

De surcroît, la femme est associée à la parole trompeuse : elle est celle qui séduit par ses mensonges. À cette ambiguïté répond l'espoir illustré par l'histoire de la jarre. Au cours de l'âge d'or, tous les maux étaient encore enfermés dans une jarre. En ouvrant celle-ci, la femme Pandore les libère. Mais une vie livrée au mal sans rémission serait invivable. Voilà pourquoi Pandore referme le couvercle sur l'espoir qui reste au fond de la jarre dans la maison, le lieu de la femme. Il n'y a d'espoir que parce qu'il y a du mal, mais sans possibilité d'échapper au mal, il n'y a pas d'espoir. Pour les dieux qui sont immortels, l'espoir n'est pas nécessaire, pas plus d'ailleurs que pour les bêtes, qui ne savent pas qu'elles sont mortelles.

Dans le monde nouveau instauré par la fraude de Prométhée, tout est donc ambivalent. Le repas sacrificiel instaure une relation entre le monde des dieux et celui des hommes, mais en établissant entre eux une séparation radicale. De même la femme, par sa beauté, rappelle l'omniprésence du mal, car elle est associée à la mort, aux maladies et à la souffrance, et elle exige de l'homme un travail sans fin.

Au Ve siècle av. notre ère, Sophocle, le poète tragique, développe dans son Prométhée enchaîné un autre thème, celui de la punition du héros. Dans ses récits, en effet, Hésiode ne parle que des punitions infligées aux hommes qui ont profité du vol de Prométhée. Chez Sophocle, Zeus punit Prométhée lui-même en l'enchaînant à un rocher, où un aigle vient lui manger le foie au fur et à mesure que celui-ci repousse. Ce sera la mission d'un autre héros, Héraclès, que de le libérer.



Quant à l'objet de votre question : pour quel grief m'outrage-t-il ainsi ? Je vais vous l'éclaircir. Aussitôt assis sur le trône paternel, sans retard, il répartit les divers privilèges entre les divers dieux, et commence à fixer les rangs dans son empire. Mais, aux malheureux mortels, pas un moment, il ne songea. Il en voulait au contraire anéantir la race, afin d'en créer une toute nouvelle. À ce projet nul ne s'opposait - que moi. Seul, j'ai eu cette audace; j'ai libéré les hommes et fait qu'ils ne sont pas descendus écrasés dans l'Hadès [les Enfers]. Et c'est pourquoi aujourd'hui je ploie sous de telles douleurs, cruelles à subir, pitoyable à voir. Pour avoir pris les mortels en pitié, je me suis vu refuser la pitié, et voilà comme implacablement je suis ici traité, spectacle funeste au renom de Zeus.
C'était au temps où se réglait la querelle des dieux et des hommes immortels [...]. En ce jour-là Prométhée avait, d'un coeur empressé, partagé un boeuf énorme, qu'il avait ensuite placé devant tous. Il cherchait à tromper la pensée de Zeus : pour l'un des deux partis [les dieux d'une part, les hommes de l'autre], il avait mis sous la peau chair et entrailles lourdes de graisse, puis recouvert le tout du ventre du boeuf; pour l'autre, il avait par une ruse perfide, disposé en un tas les os nus de la bête, puis recouvert le tout de graisse blanche. [...] Zeus aux conseils éternels comprit la ruse et sut la reconnaître.
Ainsi, irrité, [...] Zeus [...], de cette ruse gardant toujours le souvenir, se refusait à diriger sur les frênes l'élan du feu infatigable [la foudre] pour le profit des mortels, habitants de cette terre. Mais le brave fils de Japet [Prométhée] sut le tromper et déroba, au creux d'une férule, l'éclatante lueur du feu infatigable ; et Zeus [...] s'irrita en son âme, quand il vit briller au milieu des hommes l'éclatante lueur du feu. Aussitôt, en place du feu, il créa un mal destiné aux humains [...]. Avec de la terre, l'illustre boiteux [Héphaïstos] modela un être tout pareil à une chaste vierge [...]. La déesse aux yeux pers, Athéna, lui noua sa ceinture, après l'avoir parée d'une robe blanche, tandis que de son front ses mains faisaient tomber un voile aux mille broderies. [...] Et quand, en place d'un bien, Zeus eut créé ce mal si beau, il l'amena où étaient dieux et hommes, [...] ; et les dieux immortels et les hommes allaient s'émerveillant à la vue de ce piège, profond et sans issue, destinée aux humains. Car c'est de celle-là qu'est sortie la race, l'engeance maudite des femmes, terrible fléau installé au milieu des hommes mortels.
Lien : ici


mardi 17 juillet 2012

Le mythe de Prométhée

 «C’était au temps où les dieux existaient, mais où n’existaient pas les races mortelles. Or, quand est arrivé pour celles-ci le temps où la destinée les appelait aussi à l’existence, à ce moment les dieux les modèlent en dedans de la terre, en faisant un mélange de terre, de feu et de tout ce qui encore peut se combiner avec le feu et la terre. Puis, quand ils voulurent les produire à la lumière, ils prescrivirent à Prométhée et à Epiméthée de les doter de qualités, en distribuant ces qualités à chacune de la façon convenable. Mais Épiméthée demande alors à Prométhée de lui laisser faire tout seul cette distribution: «Une fois la distribution faite par moi, dit-il, à toi de contrôler!» 
Là-dessus, ayant convaincu l’autre, le distributeur se met à l’oeuvre. En distribuant les qualités, il donnait à certaines races la force sans la vélocité ; d’autres, étant plus faibles, étaient par lui dotées de vélocité ; il armait les unes, et, pour celles auxquelles il donnait une nature désarmée, il imaginait en vue de leur sauvegarde quelque autre qualité : aux races, en effet, qu’il habillait en petite taille, c’était une fuite ailée ou un habitat souterrain qu’il distribuait; celles dont avait grandi la taille, c’était par cela même aussi qu’il les sauvegardait. De même, en tout, la distribution consistait de sa part à égaliser les chances et, dans tout ce qu’il imaginait, il prenait ses précautions pour éviter qu’aucune race ne s’éteignit. Mais, une fois qu’il leur eut donné le moyen d’échapper à de mutuelles destructions, voilà qu’il imaginait pour elles une défense commode à l’égard des variations de température qui viennent de Zeus: il les habillait d’une épaisse fourrure aussi bien que de solides carapaces, propres à les protéger contre le froid, mais capables d’en faire autant contre les brûlantes chaleurs ; sans compter que, quand ils iraient se coucher, cela constituerait aussi une couverture, qui pour chacun serait la sienne et qui ferait naturellement partie de lui-même ; il chaussait telle race de sabots de corne, telle autre de griffes solides et dépourvues de sang. En suite de quoi, ce sont les aliments qu’il leur procurait, différents pour les différentes races : pour certaines l’herbe qui pousse de la terre, pour d’autres, les fruits des arbres, pour d’autres, des racines; il y en a auxquelles il a accordé que leur aliment fût la chair des autres animaux, et il leur attribua une fécondité restreinte, tandis qu’il attribuait une abondante fécondité à celles qui se dépeuplaient ainsi, et que, par là, il assurait une sauvegarde à leur espèce. 
Mais, comme (chacun sait cela) Épiméthée n’était pas extrêmement avisé, il ne se rendit pas compte que, après avoir ainsi gaspillé le trésor des qualités au profit des êtres privés de raison, il lui restait encore la race humaine qui n’était point dotée; et il était embarrassé de savoir qu’en faire. Or, tandis qu’il est dans cet embarras, arrive Prométhée pour contrôler la distribution; il voit les autres animaux convenablement pourvus sous tous les rapports, tandis que l’homme est tout nu, pas chaussé, dénué de couvertures, désarmé. Déjà, était même arrivé cependant le jour où ce devait être le destin de l’homme, de sortir à son tour de la terre pour s’élever à la lumière. Alors Prométhée, en proie à l’embarras de savoir quel moyen il trouverait pour sauvegarder l’homme, dérobe à Héphaïstos et à Athéna le génie créateur des arts, en dérobant le feu (car, sans le feu, il n’y aurait moyen pour personne d’acquérir ce génie ou de l’utiliser); et c’est en procédant ainsi qu’il fait à l’homme son cadeau. 
Voilà donc comment l’homme acquit l’intelligence qui s’applique aux besoins de la vie. Mais l’art d’administrer les Cités, il ne le posséda pas! Cet art en effet était chez Zeus. Mais il n’était plus possible alors à Prométhée de pénétrer dans l’Acropole qui était l’habitation de Zeus, sans parler des redoutables gardes du corps que possédait Zeus. En revanche, il pénètre subrepticement dans l’atelier qui était commun à Athéna et à Héphaïstos et où tous deux pratiquaient leur art et, après avoir dérobé l’art de se servir du feu, qui est celui d’Héphaïstos, et le reste des arts, ce qui est le domaine d’Athéna, il en fait présent à l’homme. Et c’est de là que résultent, pour l’espèce humaine, les commodités de la vie mais, ultérieurement, pour Prométhée, une poursuite, comme on dit, du chef de vol, à l’instigation d’Épiméthée!
 Or, puisque l’homme a eu sa part du lot divin, il fut, en premier lieu, le seul des animaux à croire à des dieux ; il se mettait à élever des autels et des images de dieux. Ensuite, il eut vite fait d’articuler artistement les sons de la voix et les parties du discours, Les habitations, les vêtements, les chaussures, les couvertures, les aliments tirés de la terre, furent, après cela, ses inventions. Une fois donc qu’ils eurent été équipés de la sorte, les hommes, au début, vivaient dispersés : il n’y avait pas de cités ; ils étaient en conséquence détruits par les bêtes sauvages, du fait que, de toute manière, ils étaient plus faibles qu’elles; et, si le travail de leurs arts leur était d’un secours suffisant pour assurer leur entretien, il ne leur donnait pas le moyen de faire la guerre aux animaux; car ils ne possédaient pas encore l’art politique, dont l’art de la guerre est une partie. Aussi cherchaient-ils à se grouper, et, en fondant des cités, à assurer leur salut. Mais, quand ils se furent groupés, ils commettaient des injustices les uns à l’égard des autres, précisément faute de posséder l’art d’administrer les cités ; si bien que, se répandant à nouveau de tous côtés, ils étaient anéantis. C’est alors que Zeus, craignant pour la disparition totale de notre espèce, envoie Hermès porter aux hommes le sentiment de l’honneur et celui du droit, afin que ces sentiments fussent la parure des cités et le lien par lequel s’unissent les amitiés. 
Sur ce, Hermès demande à Zeus de quelle manière enfin il donnera aux hommes ce sentiment du droit et de l’honneur: «Faut-il que, cela aussi, j’en fasse entre eux la distribution de la même façon qu’ont été distribuées les disciplines spéciales? Or, voici comment la distribution s’en est faite : un seul individu, qui est un spécialiste de la médecine, c’est assez pour un grand nombre d’individus étrangers à cette spécialité; de même pour les autres professions. Eh bien! le sentiment du droit et celui de l’honneur, faut-il que je les établisse de cette façon dans l’humanité? ou faut-il que je les distribue indistinctement à tous? «À tous indistinctement, répondit Zeus, et qu’ils soient tous au nombre de ceux qui participent à ces sentiments! Il n’y aurait pas en effet de cités, si un petit nombre d’hommes, comme c’est par ailleurs le cas avec les disciplines spéciales, participait a ces sentiments. De plus, institue même, en mon nom, une loi aux termes de laquelle il faut mettre à mort, comme s’il constituait pour le corps social une maladie, celui qui n’est pas capable de participer au sentiment de l’honneur et à celui du droit.»

Texte extrait de PLATON, «Protagoras», in Oeuvres complètes, tome 1, traduction par Léon Robin, Paris, Éditions Gallimard, Bibliothèque de La Pléiade, 1950, p, 88-91.
Commentaire détaillé : www.philolog.fr

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