L'atomisme est une théorie physique proposant une conception d'un univers discontinu, composé de matière et de vide. Selon les atomistes, les atomes composant l'univers sont tous de même substance. Ils sont insécables et ne diffèrent les uns des autres que par leur forme, leur position et leur mouvement (on sait aujourd'hui que l'atome est sécable mais que les particules élémentaires, elles, ne le sont pas dans l'état actuel de nos connaissances). L'atomisme s'oppose au monisme.
Leucippe (vers 440 av. J.-C.) et son élève Démocrite (vers 433 av. J.-C.) sont considérés comme les fondateurs de l'atomisme, doctrine reprise plus tard par Épicure (vers 306 av. J.-C.), puis par Lucrèce (ier siècle av. J.-C.).
Selon la théorie de Leucippe, les principes premiers de la réalité sont le plein, le vide et le mouvement :
« Il estimait que toutes les choses sont illimitées et se transforment mutuellement les unes dans les autres, et que l'univers est à la fois vide et rempli de corps. »
Cette pensée radicale retire aux dieux leurs potentialités spirituelles, fait de l'âme une chose matérielle et rend les arrière-mondes impossibles. Les dieux, l'âme et les autres mondes deviennent de ce fait réalité perceptibles, concrètes. Selon Michel Onfray, « Leucippe arrime les hommes à la seule dimension du réel ». Remarquons que cette pensée est émise au moment où les mythes, fables et religions commencent à être mis en doute.
Les différences entre les choses sont analysables en fin de compte par une combinaison de qualités des atomes qui les forment. Leur poids, leur forme, leur vitesse, leur direction, leurs positions respectives donnent à chaque chose sa configuration caractéristique. L'atomisme de Leucippe a été repris et popularisé par son élève Démocrite.
Dans son ouvrage De ira Dei (De la Colère de Dieu), écrit vers 320 après Jésus-Christ, Lactance qui combat les idées de Leucippe écrit : « Les anciens philosophes expliquaient que tout est constitué par quatre éléments. » Lui [Leucippe] n'a pas voulu de cette explication par peur de paraître marcher sur les traces d'autrui ; mais il a prétendu que ces éléments eux-mêmes avaient pour origine d'autres éléments que l'on ne pouvait ni voir, ni toucher, ni percevoir par aucune partie du corps ; ils sont si ténus dit-il, qu'il n'y a pas de lame de fer assez fine pour pouvoir les couper et les diviser ; par la suite, il leur a donné le nom d'atome. (Lactance 10, 1, 5)
Pour Démocrite, comme pour Leucippe, la nature est composée dans son ensemble de deux principes : les atomes (ce qui est plein) et le vide (ou néant). L’existence des atomes peut être déduite de ce principe : « Rien ne vient du néant, et rien, après avoir été détruit, n’y retourne. » Il y a ainsi toujours du plein, c'est-à-dire de l’être, et le non-être est le vide.
Les atomes sont des corpuscules solides et indivisibles, séparés par des intervalles vides, et dont la taille fait qu’ils échappent à nos sens. Décrits comme lisses ou rudes, crochus, recourbés ou ronds (ils sont définis par leur forme, figure et grandeur), ils ne peuvent être affectés ou modifiés à cause de leur dureté.
Les atomes se déplacent de manière tourbillonnaire dans tout l’univers, et sont à l’origine de tous les composés (du soleil à l’âme), ce qui comprend également tous les éléments (feu, eau, air et terre). Les atomes se meuvent éternellement dans le vide infini. Ils entrent parfois en collision et rebondissent au hasard ou s’associent selon leurs formes, mais ne se confondent jamais. La génération est alors une réunion d’atome, et la destruction, une séparation, les atomes se maintenant ensemble jusqu’à ce qu’une force plus forte vienne les disperser de l’extérieur. C’est sous l’action des atomes et du vide que les choses s’accroissent ou se désagrègent : ces mouvements constituent les modifications des choses sensibles. Ces agglomérations et ces enchevêtrements d’atomes constituent ainsi le devenir. L’être n’est donc pas un, mais est composé de corpuscules.
Le vide est le non-être dans lequel se meuvent les atomes : il y a du vide non seulement dans le monde (intervalle entre les atomes), mais en dehors de lui. Ainsi, l’être et le non-être sont tout autant réels.
Les choses formées par les atomes présentent trois sortes de différences qui les constituent :
le type > forme
le contact mutuel > ordre
la direction > position



