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dimanche 30 septembre 2012

Budget 2013...


L'impôt sur le revenu en France...Redressement dans la justice!
Chez nous, l'impôt est 3 fois moins important que la moyenne Européenne qui se situe à 20%.
10 milliards de prélèvements supplémentaires demandés aux ménages...
Les mesures présentées touchent déjà les ménages imposables et elles sont ciblées sur les plus riches.
L'Elysée affirme même que 80% des contribuables verront leur impôts baisser, cela reste à confirmer!
Pas de fusion CSG/impôts qui constituait un rééquilibrage massif : Riches/Pauvres.
Changement pour les contribuables déclarant plus de 150 000 euros : nouvelle tranche à 45%.
La taxe à 75% sur les sommes perçus au-delà du million d'euros.
Prolongement du gel du barème que la gauche avait dit supprimer, avec l'instauration sur les deux premières tranches d'un système de décote sur les contribuables imposables, c'est à dire 2 et 3.
Les tranches : 
Jusqu'à 5 963 euros : 0%
de 5 964 euros à 11 896 euros : 5,50%
de 11 897 euros à 26 420 euros : 14,00%
de 26 421 euros à 70 830 euros : 30,00%
au-delà de 70 830 euros : 41,00%
Cela veut quand même dire que pour un célibataire dont le revenu imposable est de 26422€ et qui perçoit donc autour de 2300 par mois, la décote ne sera pas appliquée!
Un exemple : La « décote est accordée aux contribuables dont le montant de l'impôt brut est inférieur à 878 euros ». Il peut s'agir d'un célibataire gagnant 17.600 euros par an ou bien d'un couple marié avec deux enfants engrangeant 37.610 euros de revenus annuels.
C'est pas tant que çà...
Après toutes les autres mesures ne concernant pas le commun des mortels...
Bilan...
Pour ceux qui ne sont pas soumis à l'impôt pas de changement!
Pour les deux premières tranches, qui selon moi correspondent aux salariés précaires, décote permettant d'atténuer l'inflation.
L'impôt reste insuffisamment progressif.
Après nouvelles taxes sur les bières et les cigarettes!
En conclusion, cela fait 16 millions de contribuables sur 36 millions qui verront leur impôt augmenter. 
16 millions de personnes peu touchés par la crise, qui vont épargner un peu moins, mais qui et c'est une réalité ne réfléchissent pas quand ils vont au supermarché à ce qu'ils achètent. Des contribuables qui peuvent se faire plaisir, qui ne sont pas dans la subsistance!
D'autres mesures en vrac...retrouvez le détail sur "Les Echos"
Plus-values immobilières. 
Tranche d'impôt à 45 %. 
Taxe à 75 %. 
Gel du barème de l'IR. 
Plafonnement des niches à 10.000 euros. 
Le barème de l'ISF rétabli. 
Quotient familial. 
Taxe sur les logements vacants.
Emploi à domicile. 
Hausse du prix des cigarettes. La hausse de 7 % du prix des cigarettes au 1 er octobre.
Taxes sur les bières. Elles devraient plus que doubler.
Cotisations maladie des frontaliers suisses. 
Tout çà pourquoi?
Un choc fiscal pour ramener le déficit public à 3 % de PIB en 2013 avec une petite croissance de 0,8 %. (Les économistes parlent de 0,3%).
Le budget 2013 de l'Etat comprend ainsi 15,8 milliards de hausses d'impôts, qui seront complétées, lundi, par 4 autres milliards de prélèvements inscrits dans le budget de la Sécurité sociale (taxes sur la bière, cotisations des indépendants, des frontaliers suisses, etc.), 
Je ne perçois le soutien à la croissance.
Dans l'effort fiscal global imposé en 2013, il faut néanmoins aussi prendre en compte l'impact supplémentaire (4 milliards) des mesures votées en juillet dernier, et de celles votées dans le cadre des plans Fillon (gel du barème de l'IR, notamment).
Progressivité beaucoup plus grande de l'impôt sur le revenu
Sur les 15,8 milliards de hausses d'impôt : 9,6 milliards pèseront sur les entreprises, essentiellement sur les plus grandes. PMI et PME épargnées.
Le reste concernera les ménages (6,2 milliards), avec en particulier une progressivité beaucoup plus grande de l'impôt sur le revenu.
Au contraire, le gouvernement augmentant la décote afin de neutraliser l'impact de la non indexation sur les deux premières tranches, il présente cette mesure comme une baisse d'impôt. Dans les faits cependant, près de 10 millions de foyers fiscaux verront leur IR progresser l'an prochain en raison du gel du barème.

10 milliards d'économies imposées à l'Etat
Economies, gel de la masse salariale, arrêt des grands projets,...
Stabilisation à 56,3% de PIB du poids de la dépense publique.
Hausse des prélèvements obligatoire de 44,9% à 46,3%.
Le déficit public prévisionnel 2012 est maintenu à 4,5 % de PIB.
La charge de la dette est revue en baisse de 700 millions cette année. 
Le déficit budgétaire se dégrade néanmoins pour atteindre 83,6 milliards d'euros fin 2012. Il doit revenir à 61,6 milliards en 2013. 
Quant au retour à l'équilibre, il ne serait pas atteint comme prévu en 2017, le gouvernement tablant maintenant sur un déficit de 0,3 % de PIB à cette échéance.

Un budget de "combat", qui semble juste, soutient-il la croissance...?
Texte inspiré de différents post de : http://www.lesechos.fr/

vendredi 31 août 2012

Austérité ou Eurobonds

Austérité

Cela fait déjà quasiment trois ans que la zone euro est en crise. Pourtant, sommet après sommet, nous ne parvenons toujours pas à en sortir. Le dernier en date - celui du 29 juin - a certes permis de faire sauter quelques verrous, à la faveur notamment de l'entrée en lice de François Hollande : la marche vers une union bancaire et la possibilité entrouverte d'aider les pays en difficulté avant qu'ils ne soient pris à la gorge sont des avancées positives. Mais les spéculateurs nous ont rappelé cet été combien ces mesures étaient encore partielles et insuffisantes. Du coup, nous nous retrouvons une fois de plus à la "croisée des chemins". L'expression est usée jusqu'à la corde, tant elle a servi depuis trois ans. Pourtant, elle n'a sans doute jamais été aussi appropriée qu'aujourd'hui.
Une austérité excessive

Sous la pression d'une austérité budgétaire excessive, la situation s'est en effet profondément dégradée dans la zone euro depuis le début de l'année. Son économie est retombée en récession et le chômage s'envole, dépassant désormais nettement les sommets atteints en 2009-2010. Même si la France est moins affectée que d'autres, son économie stagne et son marché du travail est déprimé. Du coup, la situation politique et sociale risque elle aussi de déraper, et d'abord dans les pays les plus en difficulté, comme l'Espagne ou la Grèce. Malgré la profonde récession qui touche ce dernier pays depuis cinq ans et les énormes sacrifices déjà consentis par la plupart des Grecs, le refus de la droite européenne d'accorder un délai supplémentaire à la Grèce pour tenir ses engagements budgétaires risque de remettre le feu aux poudres. Une sortie de la Grèce de la zone euro serait sans doute gérable économiquement dans l'immédiat. Elle aurait cependant à terme des conséquences incalculables (au sens propre du mot).

Mais cette déstabilisation touche aussi désormais des pays "modèles" comme les Pays-Bas, où la population ne supporte plus cette austérité sans fin ni sens. Le paysage politique néerlandais risque d'ailleurs d'en être chamboulé lors des élections du 12 septembre prochain.

Le maintien de ces politiques suicidaires résulte surtout de l'intransigeance du gouvernement d'Angela Merkel. Il faut dire que, jusqu'ici, l'économie allemande a tiré profit de la crise via des taux d'intérêt exceptionnellement bas et la baisse du taux de change de l'euro, qui a dopé ses exportations. Une situation qui n'incite guère l'opinion et le gouvernement de notre voisin à rechercher une solution rapide. L'économie allemande commence cependant elle aussi à fléchir. Angela Merkel saura-t-elle changer son fusil d'épaule avant qu'il ne soit trop tard ? Ce sera la question clé de cette rentrée.

Si nous le voulions, nous aurions pourtant les moyens de renverser la vapeur : par la voix de son président, Mario Draghi, la Banque centrale européenne a en effet confirmé cet été sa disponibilité pour briser la spéculation qui menace d'emporter l'Espagne et l'Italie. Seule la BCE a les moyens de le faire. Il est plus que temps que les dirigeants européens lui permettent, enfin, d'entrer en action.

Eurobonds

Les difficultés persistantes de la zone euro ont remis sur le devant de la scène le projet d'émettre des euro-obligations, eurobonds en anglais. 
De quoi s'agit-il ? 
Au lieu d'émettre chacun pour soi des titres de dette pour financer leur déficit, les Etats de la zone euro en émettraient un seul en commun sur le modèle des treasuries américains. 
Du coup, le taux d'intérêt serait le même pour tous et plus faible qu'aujourd'hui pour la plupart des Etats, puisque ces titres bénéficieraient de la garantie de l'ensemble des pays de la zone. 

A l'heure actuelle, de plus en plus nombreux sont les pays contraints d'emprunter à des taux très élevés. En effet, la dette devient de plus en plus onéreuse pour des Etats comme la Grèce, l'Italie, ou encore l'Espagne, qui offrent des rendements importants aux investisseurs. Le remède à cette situation inquiétante semble être la mutualisation de la dette. Toutefois, si la nécessité d'émettre des obligations d'Etat garanties par l'ensemble des pays de la zone euro fait consensus, le débat est animé en Europe concernant les modalités de mise en œuvre.


Les eurobonds

Proposition phare, les eurobonds – également appelés "euro-obligations" – sont un projet d'émission d'obligations en commun par les pays de la zone euro. Il s'agit d'un moyen de se protéger mutuellement des attaques spéculatives et de mutualiser intégralement les dettes publiques. Plus précisément, les eurobonds afficheraient un taux d'intérêt correspondant à une moyenne des taux nationaux des Etats, pondérés par leur poids économique. En outre, deux types de garanties sont envisagés. Une garantie "conjointe et solidaire" impliquerait qu'en cas de faillite d'un Etat les autres sont tenus de rembourser sa dette, rendant les risques pour les investisseurs quasi nuls. Alors qu'une garantie "limitée" n'impliquerait qu'une responsabilité partielle des autres pays participants : chaque Etat continuerait à assumer une partie de ses risques financiers.

Les eurobonds seraient un moyen, pour les pays les plus fragiles de la zone euro, de bénéficier des taux d'intérêts faibles dont profitent les Etats aux meilleures performances économiques. Les eurobonds afficheraient un taux d'intérêt correspondant à une moyenne des taux nationaux des Etats, pondérés par leur poids économique. Des pays comme l'Italie ou l'Espagne, qui empruntent aujourd'hui autour de 5,5 ou 6% sur dix ans, bénéficieraient de l'attractivité de l'Allemagne et même de la France, qui empruntent respectivement à 1,4 et 2,8%.


Les project bonds
Les project bonds ont été surnommés "bébés eurobonds". Il s'agit d'emprunts lancés par plusieurs pays européens, dans le but de financer des grands projets d'infrastructure continentaux. Seule la dette contractée pour financer ces projets serait mutualisée.
L'objectif des project bonds est de financer, à très court terme, des chantiers continentaux dans les domaines des transports, de l'énergie, ou encore de l'économie numérique. Proposition consensuelle en Europe, les project bonds pourraient permettre de lancer ces chantiers dès juillet prochain. Grâce à une enveloppe initiale d'environ 230 millions d'euros et à l'appui de la Banque européenne d'investissement, 4,5 milliards d'euros pourraient être rapidement levés.


Les eurobills
Les eurobills sont une mutualisation de la dette de maturité inférieure à un an. Le but serait ici de satisfaire les besoins de financement de courte durée des pays européens. Notons que le volume des eurobills ne devrait en aucun cas dépasser les 10% du PIB. Enfin, en ce qui concerne les eurobills, la garantie serait "conjointe et solidaire".
La création d'eurobills vise à rendre le marché très liquide pour les banques et à permettre aux Etats en difficulté de se refinancer, en partie, à des taux plus avantageux que ceux pratiqués actuellement. En ce qui concerne les financements de long terme, les Etats continueraient à lever des fonds indépendamment des autres pays membres.


Le fonds de rédemption
Le fonds de rédemption est une mutualisation de la dette, limitée dans le temps, et uniquement pour la partie considérée comme "excessive". Autrement dit, la dette au-delà du seuil de 60% du PIB serait transférée à ce fonds. C'est ce dernier qui prendrait en charge le refinancement de ce montant de dette nationale. 

Grâce aux pays les mieux notés – comme l'Allemagne évaluée à "AAA" – le fonds serait en mesure d'emprunter à des taux inférieurs à ceux payés par les pays en difficulté. D'après le Conseil allemand des experts économiques, à l'origine de ce concept, ces taux avoisineraient les 3%. Toutefois, pour que les pays en difficultés puissent bénéficier de ce fonds de rédemption, ils devront s'engager à consolider leurs budgets à moyen terme et à inscrire la règle d'or dans leur constitution. En fonction de la croissance, la dette gérée par le fonds devrait être effacée au cours d'une période comprise entre 20 et 25 ans.


Les eurobonds, projet le plus ambitieux, pourront-ils voir le jour rapidement ?
Outre la France, l'Italie et l'Irlande, sévèrement touchés par la crise, l'Autriche, la Belgique, dans le but de relancer la croissance, le Luxembourg ou encore la Slovaquie sont en faveur de l'émission d'eurobonds. Le Royaume-Uni pourrait également constituer un allié pour François Hollande, mais à la condition que le président français renonce à la taxe Tobin sur les transactions financières. Enfin, la Commission européenne, qui soutient le débat sur les eurobonds depuis plusieurs années, s'est également prononcée pour les euro-obligations.
Par contre, l'Allemagne, la Finlande, la Suède et les Pays-Bas contestent les eurobonds. Ces quatre pays, qui disposent toujours de leur note AAA, sont partisans de laisser aux Etats la responsabilité de leurs propres dettes, et estiment que les différences entre les pays européens sont trop importantes pour pouvoir recourir aux eurobonds. La Bulgarie s'est également prononcée contre les euro-obligations, craignant que cela ne remette en cause la discipline budgétaire. Enfin, la Banque centrale européenne ainsi que l'OCDE soutiennent aussi la position allemande. Pour Mario Draghi, président de la BCE, les eurobonds reviendraient à demander à un ou deux pays de payer pour tous les autres et pour l'OCDE, le Mécanisme européen de stabilité est un instrument mutualisant déjà les risques. Pour son secrétaire général, Angel Gurria, le débat des eurobonds est de pure sémantique.

Ainsi, avec le débat sur les eurobonds, deux visions de la sortie de crise, voire de l'Europe, s'opposent. Pour François Hollande, "nous devons aller beaucoup plus loin, faire en sorte que ce soit des mesures immédiates et pas simplement renvoyées à plus tard". La relance de la croissance passe donc par les euro-obligations. Mais pour Angela Merkel, les eurobonds ne peuvent être le résultat que d'un processus long, et qui ne doit pas remettre en cause la discipline budgétaire. Paris a d'ailleurs admis, mercredi 20 juin, que les eurobonds ne seraient pas mis en place avant plusieurs années.

La mutualisation de la dette devrait être progressive

Lundi 18 juin, la commission des Affaires économiques et monétaire du Parlement européen a commencé à étudier un projet de rapport de l'eurodéputée Sylvie Goulard (ADLE). Favorable à la mutualisation des dettes, Mme Goulard propose de procéder par étapes. Dans un premier temps, l'Europe devrait mettre en place un fonds d'amortissement de la dette, soit un fonds de rédemption, comme proposé par les économistes allemands. De plus, l'Union devrait également émettre des eurobills, estime Sylvie Goulard.

En outre, l'eurodéputée et Angela Merkel sont du même avis : la discipline budgétaire est indispensable et l'introduction des eurobonds ne peut se faire dès maintenant, d'autant que cela nécessiterait une modification des traités. Au sein du Parlement européen, le rapport de Sylvie Goulard a été salué aussi bien par les socialistes que les conservateurs, ces derniers insistant toutefois sur le fait que "les eurobonds seront le couronnement d'un processus mais pas l'inverse".

mardi 14 août 2012

Quand la souffrance dépasse la raison.

L'évocation de ce drame sur ce blog est beaucoup moins rigolote que tous les sujets traités habituellement mais il existe et il est révélateur d'une souffrance à laquelle on ne peut rester insensible. Je pouvais le zapper, mais j'ai choisi de ne pas le faire.
Ce drame nous rappelle simplement que quelque soit la situation, nous ne devons jamais oublié l'humain des nos rapports professionnels avec les personnes que nous avons en face de nous. La responsabilité des politiques est immense, mais ne nous cachons pas derrière leur responsabilité pour oublier la nôtre. Nous pouvons tous individuellement à répondre à la souffrance, nous pouvons éviter de nous mettre des œillères, nous pouvons passer sans regarder, nous pouvons aussi, ne pas répondre, c'est souvent rien à faire, c'est souvent simplement une attention, un regard, un sourire, c'est une attitude quotidienne. Souvent, les sollicitations sont nombreuses voire dérangeante. La solution n'est pas de se priver soi-même de tout pour les autres, mais agir, le plus souvent possible en accord avec ses convictions avec sa nature. Chaque geste du quotidien compte. Nous ne sommes pas seulement face à une foule, une masse de personnes, nous sommes face à des individualités, des histoires, des vécus. Nous avons à répondre en humain, et pas en machine, nous avons simplement à répondre.

Privé de RSA depuis mai, le quinquagénaire avait tenté de s’immoler par le feu mercredi dans les locaux de la Caisse d’allocations familiales à Mantes-la-Jolie (Yvelines).

Privé de RSA depuis mai, cet allocataire de 51 ans, à qui on réclamait pour la quatrième fois des pièces justificatives complémentaires, s'était aspergé d’un produit inflammable et y avait mis le feu, dans les locaux de l’agence CAF où il avait alors un entretien avec un conseiller pour évoquer sa situation.
Des employés avaient immédiatement éteint les flammes, empêchant le feu de se propager. Souffrant de sérieuses brûlures, le quinquagénaire avait été admis à l’hôpital Saint-Louis à Paris où il a succombé à ses blessures dimanche matin.

Prendre en compte les situations personnelles

La ministre déléguée chargée de la lutte contre l’exclusion, Marie-Arlette Carlotti, a appelé lundi à prendre en compte les situations personnelles des personnes en difficulté, après la mort d’un quinquagénaire qui s'était immolé à la Caf (caisse d’allocations familiales) de Mantes-la-Jolie (Yvelines).
«Ce drame nous rappelle qu’il est important d'éviter toute rupture dans le suivi des personnes et qu’il est indispensable d’accompagner chacun de manière continue», a déclaré la ministre, dans un communiqué.
«Les situations personnelles, aussi complexes que diverses, doivent être prises en compte afin d’apporter un soutien aux personnes en difficultés», ajoute la ministre, sans viser, semble-t-il, le personnel de la Caf. «En première ligne face à ces difficultés sociales, le personnel de la Caf a rempli sa mission avec sérieux et compétence», a-t-elle précisé.
C’est la deuxième réaction gouvernementale à propos de cet acte désespéré après un premier communiqué, le 8 août, de la ministre des Affaires sociales Marisol Touraine.
Dans un communiqué, Marisol Touraine, la ministre des Affaires sociales et de la Santé, avait «fait part de sa profonde émotion face à cet acte désespéré d’une personne que les difficultés de la vie ont manifestement conduit à un geste tragique».

«La souffrance des chômeurs (...) n'est pas prise en compte sérieusement»

Pour sa part, le Mouvement National des Chômeurs et Précaires (MNCP) a estimé que «la souffrance des chômeurs et personnes en situation de précarité n’est pas prise en compte sérieusement par les pouvoirs publics». Il en veut pour preuve que les réactions officielles «ont toutes insisté sur «une situation personnelle difficile»».
«Or, cet acte dramatique ne peut être interprété comme un cas isolé: service public débordé, règles injustes ou incompréhensibles, difficultés de communication entre agents et usagers sont le quotidien de beaucoup de personnes confrontées au chômage et à la précarité», ajoute l’association.
«Des deux côtés du guichet, la pression sociale est devenue insupportable, dans le silence des pouvoirs publics», a conclu le MNCP qui a sollicité une rencontre auprès de la ministre des Affaires sociales.
Les accueils de la caisse d’allocations familiales (CAF) dans les Yvelines étaient fermés au public jeudi dernier après la tentative d’immolation par le feu d’un allocataire privé de RSA depuis mai à Mantes-la-Jolie.
«Suite à l'événement dramatique survenu le 8 août 2012 dans notre agence de Mantes-la-Jolie, les accueils de la CAF des Yvelines sont exceptionnellement fermés aujourd’hui 9 août», avait écrit la Caisse dans un communiqué. «L’accueil de Mantes-la-Jolie est fermé pendant une semaine. La réouverture est prévue le jeudi 16 août 2012», ajoutait-t-on.
Le directeur financier de la CAF des Yvelines, Patrick Guéry, a précisé à l’AFP que la fermeture au public jeudi de l’ensemble des accueils de la CAF dans les Yvelines est un «symbole fort» après un «événement violent». Il s’agit uniquement d’une fermeture au public car l’activité des agents est «normale» et les dossiers sont «traités», a-t-il dit.
«Il y a toujours un état de choc à Mantes et l'émotion est profonde dans les autres centres car les agents se connaissent», a-t-il ajouté.

«Les personnels de la CAF sèment la désolation»

Le syndicat CFDT a par ailleurs exprimé jeudi dernier son «émotion» et une association de chômeurs a souhaité «plus d’humanité» après la tentative d’immolation de cet homme. «La CFDT tient à exprimer toute son émotion devant cet acte désespéré», indique le syndicat dans un communiqué.
«La CFDT réaffirme que la lutte contre la pauvreté et pour l’emploi doivent être deux priorités du quinquennat», poursuit la centrale qui «souhaite que la question des minima sociaux et l’accompagnement des personnes en grande difficulté soient débattus» lors de la conférence sur la pauvreté fixée par le gouvernement à l’automne.
Pour sa part l’Apeis (Association pour l’emploi, l’information et la solidarité) estime qu'«à être trop pointilleux, les personnels de la Caf sèment la désolation». «Certes il y a un manque de personnel mais pour 474 euros, réclamer à quatre reprises des papiers dont cet homme ne dispose pas, cela fait figure d’acharnement», estime l’organisation de chômeurs et de précaires.
Se défendant de critiquer spécifiquement les personnels, la porte-parole de l’Apeis, Christiane Grave, réclame «plus de compréhension et d’humanité dans les antennes», qu’il s’agisse des caisses d’allocations familiales ou de Pole emploi. «A force de dématérialiser les courriers, on perd tout côté humain et les gens sont complètement désespérés», a-t-elle déclaré.
(AFP)

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