Un cabinet de curiosités était un lieu où étaient entreposés
et exposés des objets collectionnés, avec un certain goût pour
l'hétéroclisme et l'inédit. On y trouvait couramment des médailles, des antiquités, des objets d'histoire naturelle (comme des animaux empaillés, des insectes séchés, des coquillages, des squelettes, des carapaces, des herbiers, des fossiles) ou des œuvres d'art.
Apparus à la Renaissance en Europe, les cabinets de curiosités (studiolo italien) sont l'ancêtre des musées et des muséums. Ils ont joué un rôle fondamental dans l'essor de la science
moderne même s'ils gardaient les traces des croyances populaires de
l'époque (il n'était pas rare d'y trouver du sang de dragon séché ou des
squelettes d'animaux mythiques). L'édition de catalogues qui en
faisaient l'inventaire souvent illustré, permettait d'en diffuser le
contenu auprès des savants Européens.
Le principe du cabinet de curiosités a disparu durant le XIXe siècle,
remplacé par des institutions officielles et les collections privées.
Celles-ci ont joué encore un grand rôle dans certaines disciplines
scientifiques comme l'entomologie ou la conchyliologie.
Dans la recherche, le sujet a été étudié par l'historien d'art viennois Julius von Schlosser (qui lui consacre, en 1908, un ouvrage, Die Kunst- und Wunderkammern der Spätrenaissance) et par Patricia Falguières, en 2003. Selon cette dernière, les « chambres de merveilles » seraient à distinguer des « cabinets de curiosité ».
La constitution des chambres de merveilles s'inscrit, selon Patricia Falguières, dans la lignée des onomasticons antiques et viserait à rassembler des memorabilia ou mirabilia,
soit des choses, objets ou éléments mémorables, des souvenirs à
mémoriser. Il s'agirait, selon elle, de « systèmes de lieux communs »
classant « autant de faits, res, observationes ou historiae, qui n'ont d'autre détermination que de s'offrir au travail de la mémoire. »




