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mercredi 12 décembre 2012
Adam Senn
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samedi 18 août 2012
La planète malade
La « pollution » est aujourd’hui à la mode, exactement de la même
manière que la révolution : elle s’empare de toute la vie de la société,
et elle est représentée illusoirement dans le spectacle. Elle est
bavardage assommant dans une pléthore d’écrits et de discours erronés et
mystificateurs, et elle prend tout le monde à la gorge dans les faits.
Elle s’expose partout en tant qu’idéologie, et elle gagne du terrain en
tant que processus réel.
Ces deux mouvements antagonistes, le stade suprême de la production
marchande et le projet de sa négation totale, également riches de
contradictions en eux-mêmes, grandissent ensemble. Ils sont les deux
côtés par lesquels se manifeste un même moment historique longtemps
attendu, et souvent prévu sous des figures partielles inadéquates :
l’impossibilité de la continuation du fonctionnement du capitalisme.
L’époque qui a tous les moyens techniques d’altérer absolument les
conditions de vie sur toute la Terre est également l’époque qui, par le
même développement technique et scientifique séparé, dispose de tous les
moyens de contrôle et de prévision mathématiquement indubitable pour
mesurer exactement par avance où mène - et vers quelle date - la
croissance automatique des forces productives aliénées de la société de
classes : c’est à dire pour mesurer la dégradation rapide des conditions
mêmes de la survie, au sens le plus général et le plus trivial du
terme.
Tandis que des imbéciles passéistes dissertent encore sur, et contre,
une critique esthétique de tout cela, et croient se montrer lucides et
modernes en affectant d’épouser leur siècle, en proclamant que
l’autoroute ou Sarcelles ont leur beauté que l’on devrait préférer à
l’inconfort des « pittoresques » quartiers anciens, ou en faisant
gravement remarquer que l’ensemble de la population mange mieux, en
dépit des nostalgiques de la bonne cuisine, déjà le problème de la
dégradation de la totalité de l’environnement naturel et humain a
complètement cessé de se poser sur le plan de la prétendue qualité
ancienne, esthétique ou autre, pour devenir radicalement le problème
même de la possibilité matérielle d’existence du monde qui poursuit un
tel mouvement. L’impossibilité est en fait déjà parfaitement démontrée
par toute la connaissance scientifique séparée, qui ne discute plus que
de l’échéance ; et des palliatifs qui pourraient, si on les appliquait
fermement, la reculer légèrement. Une telle science ne peut
qu’accompagner vers la destruction le monde qui l’a produite et qui la
tient ; mais elle est forcée de le faire avec les yeux ouverts. Elle
montre ainsi, à un degré caricatural, l’inutilité de la connaissance
sans emploi.
On mesure et on extrapole avec une précision excellente
l’augmentation rapide de la pollution chimique de l’atmosphère
respirable ; de l’eau des rivières, des lacs et déjà des océans, et
l’augmentation irréversible de la radioactivité accumulée par le
développement pacifique de l’énergie nucléaire ; des effets du bruit ;
de l’envahissement de l’espace par des produits en matières plastiques
qui peuvent prétendre à une éternité de dépotoir universel ; de la
natalité folle ; de la falsification insensée des aliments ; de la lèpre
urbanistique qui s’étale toujours plus à la place de ce que furent la
ville et la campagne ; ainsi que des maladies mentales - y compris les
craintes névrotiques et les hallucinations qui ne sauraient manquer de
se multiplier bientôt sur le thème de la pollution elle-même, dont on
affiche partout l’image alarmante - et du suicide, dont les taux
d’expansion recoupent déjà exactement celui de l’édification d’un tel
environnement (pour ne rien dire des effets de la guerre atomique ou
bactériologique, dont les moyens sont en place comme l’épée de Damoclès,
mais restent évidemment évitables).
Bref, si l’ampleur et la réalité même des « terreurs de l’An Mil »
sont encore un sujet controversé parmi les historiens, la terreur de
l’An Deux Mille est aussi patente que bien fondée ; elle est dès à
présent certitude scientifique. Cependant, ce qui se passe n’est rien de
foncièrement nouveau : c’est seulement la fin forcée du processus
ancien. Une société toujours plus malade, mais toujours plus puissante, a
recréé partout concrètement le monde comme environnement et décor de sa
maladie, en tant que planète malade. Une société qui n’est pas encore
devenue homogène et qui n’est pas déterminée par elle-même, mais
toujours plus par une partie d’elle-même qui se place au-dessus d’elle,
qui lui est extérieure, a développé un mouvement de domination de la
nature qui ne s’est pas dominé lui-même. Le capitalisme a enfin apporté
la preuve, par son propre mouvement, qu’il ne peut plus développer les
forces productives ; et ceci non pas quantitativement, comme beaucoup
avaient cru le comprendre, mais qualitativement.
Cependant, pour la pensée bourgeoise, méthodologiquement, seul le
quantitatif est le sérieux, le mesurable, l’effectif ; et le qualitatif
n’est que l’incertaine décoration subjective ou artistique du vrai réel
estimé à son vrai poids. Pour la pensée dialectique au contraire, donc
pour l’histoire et pour le prolétariat, le qualitatif est la dimension
la plus décisive du développement réel. Voilà bien ce que, le
capitalisme et nous, nous aurons fini par démontrer.
Les maîtres de la société sont obligés maintenant de parler de la
pollution, et pour la combattre (car ils vivent, après tout, sur la même
planète que nous ; voilà le seul sens auquel on peut admettre que le
développement du capitalisme a réalisé effectivement une certaine fusion
des classes) et pour la dissimuler : car la simple vérité des nuisances
et des risques présents suffit pour constituer un immense facteur de
révolte, une exigence matérialiste des exploités, tout aussi vitale que
l’a été la lutte des prolétaires du XIX siècle pour la possibilité de
manger. Après l’échec fondamental des tous les réformismes du passé -
qui tous aspiraient à la solution définitive du problème des classes -,
un nouveau réformisme se dessine, qui obéit aux mêmes nécessités que les
précédents : huiler la machine et ouvrir de nouvelles occasions de
profit aux entreprises de pointe. Le secteur le plus moderne de
l’industrie se lance sur les différents palliatifs de la pollution,
comme sur un nouveau débouché, d’autant plus rentable qu’une bonne part
du capital monopolisé par l’État y est à employer et manoeuvrer. Mais si
ce nouveau réformisme a d’avance la garantie de son échec, exactement
pour les mêmes raisons que les réformismes passés, il entretient
vis-à-vis d’eux cette radicale différence qu’il n’a plus le temps devant
lui.
Le développement de la production s’est entièrement vérifié jusqu’ici
en tant qu’ accomplissement « de l’économie politique : développement
de la misère, qui a envahi et abîmé le milieu même de la vie. La société
où les producteurs se tuent au travail, et n’ont qu’à en contempler le
résultat, leur donne franchement à voir, et à respirer, le résultat
général du travail aliéné en tant que résultat de mort. Dans la société
de l’économie sur-développée, tout est entré dans la sphère des biens
économiques, même l’eau des sources et l’air des villes, c’est-à-dire
que tout est devenu le mal économique, « reniement achevé de l’homme »
qui atteint maintenant sa parfaite conclusion matérielle. Le conflit des
forces productives modernes et des rapports de production, bourgeois ou
bureaucratiques, de la société capitaliste est entré dans sa phase
ultime. La production de la non-vie a poursuivi de plus en plus vite son
processus linéaire et cumulatif ; venant de franchir un dernier seuil
dans son progrès, elle produit maintenant directement la mort.
La fonction dernière, avouée, essentielle, de l’économie développée
aujourd’hui, dans le monde entier où règne le travail-marchandise, qui
assure tout le pouvoir à ses patrons, c’est « la production des
emplois ». On est donc bien loin des idées progressistes du siècle
précédent sur la diminution possible du travail humain par la
multiplication scientifique et technique de la productivité, qui était
censée assurer toujours plus aisément la satisfaction des besoins
« antérieurement reconnus par tous comme réels », et sans « altération
fondamentale » de la qualité même des biens qui se trouveraient
disponibles. C’est à présent pour produire des emplois , jusque dans les
campagnes vidées de paysans, c’est-à-dire pour utiliser du travail
humain en tant que travail aliéné , en tant que salariat, que l’on fait
« tout le reste » ; et donc que l’on menace stupidement les bases,
actuellement plus fragiles encore que la pensée d’un Kennedy ou d’un
Brejnev, de la vie de l’espèce.
Le vieil océan est en lui-même indifférent à la pollution ; mais
l’histoire ne l’est pas. Elle ne peut être sauvée que par l’abolition du
travail-marchandise. Et jamais la conscience historique n’a eu autant
besoin de dominer de toute urgence son monde, car l’ennemi qui est à sa
porte n’est plus l’illusion, mais sa mort.
Quand les pauvres maîtres de la société dont nous voyons le
déplorable aboutissement , bien pire que toutes les condamnations que
purent fulminer autrefois les plus radicaux des utopistes, doivent
présentement avouer que notre environnement est devenu social ; que la
gestion de tout est devenue une affaire directement politique, jusqu’à
l’herbe des champs et la possibilité de boire, jusqu’à la possibilité de
dormir sans trop de somnifères ou de se laver sans souffrir
d’allergies, dans un tel moment on voit bien aussi que la vieille
politique spécialisée doit avouer qu’elle est complètement finie.
Elle est finie dans la forme suprême de son volontarisme : le pouvoir
bureaucratique totalitaire des régimes dits socialistes, parce que les
bureaucrates au pouvoir ne se sont même pas montrés capables de gérer le
stade antérieur de l’économie capitaliste. S’ils polluent beaucoup
moins - les États-Unis à eux seuls produisent 50 % de la pollution
mondiale -, c’est parce qu’ils sont beaucoup plus pauvres. Ils ne
peuvent, comme par exemple la Chine, en y bloquant une part
disproportionnée de son budget de misère, que se payer la part de
pollution de prestige des puissances pauvres ; quelques redécouvertes et
perfectionnements dans les techniques de la guerre thermonucléaire, ou
plus exactement de son spectacle menaçant. Tant de pauvreté, matérielle
et mentale, soutenue par tant de terrorisme, condamne les bureaucraties
au pouvoir. Et ce qui condamne le pouvoir bourgeois le plus modernisé,
c’est le résultat insupportable de tant de richesse effectivement
empoisonnée. La gestion dite démocratique du capitalisme, dans quelque
pays que ce soit, n’offre que ses élections-démissions qui, on l’a
toujours vu, ne changeaient jamais rien dans l’ensemble, et même fort
peu dans le détail, à une société de classes qui s’imaginait qu’elle
pourrait durer indéfiniment. Elles n’y changent rien de plus au moment
où cette gestion elle-même s’affole et feint de souhaiter, pour trancher
certains problèmes secondaires mais urgents, quelques vagues directives
de l’électorat aliéné et crétinisé (U.S.A., Italie, Angleterre,
France). Tous les observateurs spécialisés avaient toujours relevé -
sans trop s’embarrasser à l’expliquer - ce fait que l’électeur ne change presque jamais d’
« opinion » : c’est justement parce qu’il est l’électeur, celui qui
assume, pour un bref instant, le rôle abstrait qui est précisément
destiné à l’empêcher d’être par lui-même, et de changer (le mécanisme a
été démonté cent fois, tant par l’analyse politique démystifiée que par
les explications de la psychanalyse révolutionnaire). L’électeur ne
change pas davantage quand le monde change toujours plus précipitamment
autour de lui et, en tant qu’ électeur, il ne changerait même pas à la
veille de la fin du monde. Tout système représentatif est
essentiellement conservateur, alors que les conditions d’existence de la
société capitaliste n’ont jamais pu être conservées : elles se
modifient sans interruption, et toujours plus vite, mais la décision -
qui est toujours finalement décision de laisser faire le processus même
de la production marchande - est entièrement laissée à des spécialistes
publicistés ; qu’ils soient seuls dans la course ou bien en concurrence
avec ceux qui vont faire la même chose, et d’ailleurs l’annoncent
hautement. Cependant, l’homme qui vient de voter « librement » pour les
gaullistes ou le P.C.F., tout autant que l’homme qui vient de voter,
contraint et forcé, pour un Gomulka, est capable de montrer ce qu’il est
vraiment, la semaine d’après, en participant à une grève sauvage ou à
une insurrection.
La soi-disant « lutte contre la pollution », par son côté étatique et
réglementaire, va d’abord créer de nouvelles spécialisations, des
services ministériels, des jobs, de l’avancement bureaucratique. Et son
efficacité sera tout à fait à la mesure de tels moyens. Elle ne peut
devenir une volonté réelle, qu’en transformant le système productif
actuel dans ses racines mêmes. Et elle ne peut être appliquée fermement
qu’à l’instant où toutes ses décisions, prises démocratiquement en
pleine connaissance de cause, par les producteurs, seront à tout instant
contrôlées et exécutées par les producteurs eux-mêmes (par exemple les
navires déverseront immanquablement leur pétrole en mer tant qu’ils ne
seront pas sous l’autorité de réels soviets de marins).
Pour décider et exécuter tout cela, il faut que les producteurs deviennent adultes : il faut qu’ils s’emparent tous du pouvoir. L’optimisme scientifique du XIX siècle s’est écroulé sur trois points
essentiels. Premièrement, la prétention de garantir la révolution comme
résolution heureuse des conflits existants (c’était l’illusion
hégélo-gauchiste et marxiste ; la moins ressentie dans l’intelligentsia
bourgeoise, mais la plus riche, et finalement la moins illusoire).
Deuxièmement, la vision cohérente de l’univers, et même simplement de la
matière. Troisièmement, le sentiment euphorique et linéaire du
développement des forces productives. Si nous dominons le premier point,
nous aurons résolu le troisième ; et nous saurons bien plus tard faire
du second notre affaire et notre jeu. Il ne faut pas soigner les
symptômes mais la maladie même. Aujourd’hui la peur est partout, on n’en
sortira qu’en se confiant à nos propres forces, à notre capacité de
détruire toute aliénation existante, et toute image du pouvoir qui nous a
échappé. En remettant tout, excepté nous-mêmes, au seul pouvoir des
Conseils des Travailleurs possédant et reconstruisant à tout instant la
totalité du monde, c’est-à-dire à la rationalité vraie, à une légitimité
nouvelle.
En matière d’environnement « naturel » et construit, de natalité, de
biologie, de production, de « folie »., il n’y aura pas à choisir entre
la fête et le malheur mais consciemment et à chaque carrefour, entre
mille possibilités heureuses ou désastreuses, relativement corrigibles
et, d’autre part, le néant. Les choix terribles du futur proche laissent
cette seule alternative : démocratie totale ou bureaucratie totale.
Ceux qui doutent de la démocratie totale doivent faire des efforts pour
se la prouver à eux-mêmes, en lui donnant l’occasion de se prouver en
marchant ; ou bien il ne leur reste qu’à acheter leur tombe à
tempérament, car « l’autorité, on l’a vue à l’ oeuvre, et ses oeuvres la
condamnent » (Joseph Déjacque).
« La révolution ou la mort », ce slogan n’est plus l’expression
lyrique de la conscience révoltée, c’est le dernier mot de la pensée
scientifique de notre siècle. Ceci s’applique aux périls de l’espèce
comme à l’impossibilité d’adhésion pour les individus. Dans cette
société où le suicide progresse comme on sait, les spécialistes ont dû
reconnaître, avec un certain dépit, qu’il était retombé à presque rien
en mai 1968. Ce printemps obtint aussi, sans précisément y monter à
l’assaut, un beau ciel, parce que quelques voitures avaient brûlé et que
toutes les autres manquaient d’essence pour polluer. Quand il pleut,
quand il y a de faux nuages sur Paris, n’oubliez jamais que c’est la
faute du gouvernement. La production industrielle aliénée fait la pluie.
La révolution fait le beau temps.
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Narcissius de Thespie
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jeudi 9 août 2012
Mode sur Fugues
Le lookbook de la collection Gym de Dolce&Gabbana est
toujours un plaisir pour les yeux… L’édition automne 2012 - hiver 2013
ne fait pas exception avec les modèles Adam Senn, Arthur Kulkov,
Jonathan Marquez, Travis Bland, Robin Ahrens, Charles Melton et Zhao
Lei.
Le danseur Kevin Smith est photographié
par Terrence Rags pour Rufskin ans la plus récente édition d’Attitude,
le magazine gai britanique.
http://www.fugues.com/
http://www.fugues.com/
Publié par
Narcissius de Thespie
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09:10
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dimanche 29 juillet 2012
Adam Senn
Adam Senn, le nouveau visage de la fragrance On parle de sport exclusivement à Swide sur sa relation personnelle avec le sport et la façon dont les valeurs qu'il a apprises sur le terrain de golf lui ont permis de façonner comme le gentleman qu'il est aujourd'hui.
Adam Senn, the new face of The One Sport fragrance talks exclusively to Swide about his personal relationship with sport and how the values he learned on the golf course have helped shape him as the gentleman he is today.
Publié par
Narcissius de Thespie
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08:11
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