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vendredi 4 janvier 2013

M


Pourtant


Quels efforts!

Coincer la bulle



« Coincer la bulle »

Ne rien faire, se reposer.
Dormir

Si vous aimez le bricolage, vous savez ce qu'est un niveau, cet instrument du parfait monteur de murs ou poseur de cloisons qui lui permet de vérifier l'horizontalité ou la verticalité de sa construction.
Cet outil comporte un court cylindre contenant un liquide à l'intérieur duquel une bulle d'air[1]peut librement se balader en inclinant plus ou moins le niveau. L'outil ayant une surface plane, celle-ci est posée sur la surface dont on doit vérifier la bonne disposition. Lorsque la bulle baladeuse reste bien calée entre deux repères gravés sur le cylindre, cela indique alors une absence d'inclinaison du niveau donc du plan sur lequel il est posé.
Et c'est une telle bulle que nous allons coincer.

Cette expression nous vient au milieu du XXème siècle de l'Ecole militaire de Saint-Cyr.
En effet, dans un mortier d'artillerie (le genre d'engin qui sert bien aux militaires), il existait une plaque qui, pour que l'engin soit opérationnel, devait être parfaitement horizontale, ce qui se vérifiait à l'aide du niveau intégré. Lorsque la bulle de ce niveau était « coincée » entre ses deux repères, l'engin était prêt à être utilisé.

Certes, mais quel rapport avec le repos, me direz-vous ?
Eh bien, il est double !
D'abord, l'horizontalité de la plaque évoque celle du dormeur ou de la personne qui se repose, dans la position du guetteur d'avions.
Ensuite, une fois le mortier en place, son servant n'a plus qu'à attendre l'ordre de l'utiliser, ce qui peut durer longtemps. Et entre temps, que fait-il, sinon simplement se reposer ?

[1] Je précise « d'air » parce que certains plaisantins pourraient imaginer qu'il s'agit d'une bulle du pape. Mais le pape ne coince pas ses bulles, il les produit. Le savon aussi, d'ailleurs.

« Cette nuit, le mécano, Louis et moi, nous n'avons pas fermé l'oeil pendant que vous, vous étiez en train de coincer la bulle. Je sais très bien ce que vous manigancez, mais je vous le répète, de gré ou de force, vous irez au Tibesti. »
Raymond Thiry - Ma mission au Tibesti à bord du D.C.4 - 1977

Les Elfes, le beau peuple

Apparence
Globalement, ils ressemblent beaucoup aux hommes malgré quelques différences. Depuis leur apparition, les elfes sont représentés avec les oreilles pointues, ce qui permet de les distinguer des humains sans ambiguïté.
La vision qu'en donne J. R. R. Tolkien dans son œuvre a sensiblement influencé leur représentation. Dans une lettre à Naomi Mitchison, il écrit : « ils représentent réellement des Hommes doués de facultés esthétiques et créatrices beaucoup plus développées, d'une beauté supérieure et d'une vie plus longue, et de noblesse ». Ils sont souvent d'une grande beauté et paraissent, à de rares exceptions près, éternellement jeunes. Du fait de leur élégance, ils sont parfois appelés Le Beau Peuple comme dans Eragon de Christopher Paolini. La silhouette des elfes est svelte : ils sont grands, minces, élancés et très gracieux.
Dans le légendaire de Tolkien, les elfes possèdent de magnifiques chevelures. Quelques auteurs ont repris cette idée, comme par exemple Michel J. Lévesque pour ses Elfes de lumière. Cependant, les cheveux longs ne sont pas une caractéristique prédominante pour un elfe. Chez les hommes, la jeunesse apparente est renforcée par l’absence de barbe. En effet, les elfes mâles sont, à quelques rares exceptions près, imberbes. L'absence de pilosité a été largement reprise dans les livres.
Caractéristiques
Tout d'abord, les elfes sont immortels ou alors possèdent une longévité exceptionnelle. Une fois à l'âge adulte, ils ne vieillissent pas. Les maladies n'ont presque aucun effet sur eux. Seule une blessure grave ou un profond chagrin peut les faire mourir. Dans de nombreux récits, on retrouve des elfes ayant plusieurs centaines voire plusieurs milliers d'années d'existence. Cette immortalité, même relative, leur donne évidemment une vision de la vie et du monde totalement différente de celle des humains. Les elfes ont un penchant pour la mélancolie et la nostalgie.
Les elfes sont généralement plus intelligents que les humains, ou du moins dotés d'une plus grande sagesse, en partie grâce à leur longévité exceptionnelle. Ils possèdent un savoir ancestral, notamment dans le domaine des arbres, des plantes… Ils vivent en effet très proches de la nature. Ce concept est probablement issu des mythologies nordique et germanique (les elfes étaient des divinités mineures de la nature).
Ils sont parfois dotés de pouvoirs magiques.
Leurs sens sont particulièrement affinés et de loin supérieurs à ceux des hommes, en particulier pour ce qui concerne la vue et l’ouïe. Leur vision est excellente. Ils ont aussi une vision nocturne dans certains récits ou jeux, comme Shadowrun ou Le monde de Palladium. La voix des elfes est particulièrement agréable à écouter. Elle est parfois comparée au murmure de l’eau. Dans certaines histoires, le chant des elfes a une relation à la magie.
Enfin, leur réputation d'excellents archers est légendaire. Ce sont de redoutables chasseurs. Depuis Tolkien, cette vision a été reprise, modifiée et largement véhiculée dans beaucoup d'œuvres littéraires ou de jeux de rôles. Les elfes sont souvent représentés un arc à la main.

Civilisation elfique
Dans la plupart des cas, les elfes ont ou ont eu une civilisation. Les caractéristiques de celle-ci varient selon les univers de fiction mais on peut noter que certaines particularités sont fréquentes :
déclin démographique dû à une faible fécondité et/ou une implication, volontaire ou non, dans de nombreuses guerres ; réputation de grand raffinement ; retrait de la dite civilisation par rapport au reste du monde ; âge très ancien de celle-ci.
Les elfes éprouvent généralement de la haine envers les nains notamment du fait de leur physique : les elfes sont grands, fins et élancés, tandis que les nains sont petits, trapus et résistants. De nombreux auteurs ont accentué cette opposition en associant les elfes aux milieux forestiers, proches de la nature, et les nains aux cavernes, aux mines et aux forges. C'est le cas par exemple dans le monde de Warhammer, ou dans les Royaumes oubliés.
La société elfique est parfois considérée comme élitiste et hiérarchisée. La plupart du temps, un roi ou une reine est à la tête de celle-ci. Il existe aussi une noblesse elfique. Dans l'univers de Warhammer, les elfes ont un vif intérêt pour la politique.
Langues elfiques
Les langues elfiques (également appelées simplement elfique ou elfe) sont des langues imaginaires parlées par les peuples elfes de diverses œuvres de fantasy. Leur degré d'élaboration est très variable, de la simple allusion à l'élaboration d'une véritable langue construite.
En particulier, J. R. R. Tolkien, en parallèle à l'écriture des récits de la Terre du Milieu, a inventé une série de langues elfiques dont l'existence ne se réduit pas à leur mention en narration ; avec d'autres langues non-elfiques placées dans le même monde imaginaire, elles forment l'ensemble des langues de la Terre du Milieu. Elles sont l'objet d'étude de l'Elvish Linguistic Fellowship.
Dans Eragon, les elfes parlent une langue nommée ancien langage. Il s'agit de la langue du Peuple Gris. Elle permet d'utiliser la magie. On raconte que celui qui trouverait le nom de cette langue aurait la maîtrise de tous les mots et deviendrait omnipotent.
Les différentes races d'elfes
Il existe généralement plusieurs peuples ou races d'elfes, comme les Hauts Elfes (ou elfe de lumière), les elfes des bois (ou elfes sylvains), les elfes gris (ou elfes de lune), les elfes de la nuit, les elfes de l'eau, les elfes de sang… Les elfes noirs, ou drows, sont le plus souvent la contrepartie obscure des elfes. Dans de nombreux jeux ou récits, ils sont très souvent en guerre avec les autres races d'elfes (ces spécifications sont assez courantes dans certains jeux vidéo ou jeux de plateau).

Bon appétit


On mange quoi?


Vous êtes seuls...sûrs?

Paracelse, dans son Astronomia magna (1537) et dans le Liber de nymphis, sylphis, pygmaeis et salamandris, compte sept races de créatures sans âme : les génies à forme humaine mais sans âme ni esprit (inanimata) des Éléments, les géants et les nains, les nains sur la terre. Il croit aux génies des quatre Éléments. La Terre, par génération spontanée, produit des nains qui gardent les trésors sous la montagne ; l'Eau produit les ondines ; le Feu, les salamandres ; l'Air, les elfes. Ensuite viennent les géants et les nains issus de l'air, mais qui vivent sur la terre.
« Le mot inanimatum désigne six familles d'hommes sans âme… Ces hommes sans âme sont d'abord ceux des quatre familles qui habitent les quatre Éléments : les nymphes, nymphae, filles de l'eau ; les fils de la terre, lémures, qui habitent sous les montagnes ; les esprits de l'air, gnomi ; les génies du feu, vulcani. Les deux autres familles sont composées d'hommes qui sont également nés sans âme; mais qui, comme nous, respirent en dehors des Éléments. ce sont d'une part les géants et d'autre part les nains qui vivent dans l'ombre des forêts, umbragines… Il existe des êtres qui demeurent naturellement au sein d'un même Élément. Ainsi le phénix, qui se tient dans le feu comme la taupe dans ta terre. Ne soyez pas incrédules, je le prouverai ! Quant aux géants et aux nains de la forêt, ils ont notre monde pour séjour. Tous ces êtres sans âme sont produits à partir de semences qui proviennent du ciel et des Éléments, mais sans le limon de la terre… Ils viennent au monde comme les insectes formés dans la fange [par génération spontanée]. » (Paracelse, La grande astronomie. Astronomia magna (1537), trad., Dervy, 2000, p. 159–160.)

Barreau contre barreaux


Pris la main dans le sac


Des lèvres


CIntre


Grimpe, donc!


Allo!


Après une bonne sieste


Bientôt


Bouton, cordelette...


Soyez patient!


Le slip blanc


Une main délicatement posée


Un oeuf


Simplement


Un dessin...


Mélodie en couleurs


Les sans-voix


L'elfe...

"Si tous les elfes sont grands, beaux, blonds, aux yeux bleus, et ont les goûts qui vont avec, ce n'est pas étonnant que la race se soit éteinte…"
—L. B.
Aimeric regardait l'être allongé à ses côtés avec une fascination qui ne faiblissait pas. La pleine lune répandait partout une clarté comparable à celle du jour, mais dépourvue de couleur ; à cette lumière, les longs cheveux fins de l'Elfe étaient blancs, alors que le soleil avait, quelques heures plus tôt, révélé leur blondeur dorée. Même posés sans ordre ni ménagement sur le sol poussiéreux autour de la tête dont ils naissaient, ils ne perdaient rien de leur douceur soyeuse. Ni de leur propreté surnaturelle, qui caractérisait l'Elfe. Cela choquait Aimeric, bien placé pour savoir qu'on ne pouvait pas voyager ne fût-ce qu'une courte distance dans ce terrain sans se salir entièrement : lui-même portait les cheveux ras par nécessité, pour ne pas paraître trop hirsute. Et se permettre de surcroît de sentir bon la lavande (et encore autre chose ? peut-être le lait d'amandes), cela était d'une insolence inadmissible. Les vêtements d'Aimeric, qui lui servaient d'oreiller, dégageaient pour leur part une forte odeur de transpiration — pas vraiment désagréable en soi, surtout avec un peu d'habitude, mais une odeur mâle qui ne rappelait certainement pas la lavande.
Aimeric n'avait jamais vu d'Elfe auparavant — sauf peut-être, de loin, fugitivement, dans un passé reculé, lors de la visite d'une princesse étrangère chez le roi. Ce Vivien (c'était le nom sous lequel il s'était présenté) l'avait approché dans l'après-midi et lui avait proposé de faire route commune, sans révéler grand-chose de ses propres intentions ou de sa destination finale. Et le guerrier, qui s'était fait des Elfes une image d'êtres graves et hautains, sombres et majestueux, avait découvert avec surprise une créature souriante, joviale et détendue (quoique énigmatique). Mais l'impression qu'il dégageait en était avant tout une de grâce et d'élégance ; chacun des mouvements de Vivien était comme un pas de danse, agile et fluide. Aimeric, dès qu'il fut ainsi accompagné, se sentit lui-même infiniment lourd et maladroit : tant dans ses gestes que dans ses paroles. Néanmoins, l'Elfe ne parut pas gêné, et, s'il parlait plutôt peu, c'était toujours avec bonne humeur et d'un ton amical.
Lorsque la nuit était venue, Vivien s'était couché, totalement nu, contre Aimeric, avec un naturel impressionnant, comme si cela allait de soi, sans un soupçon d'hésitation ou d'embarras. Et, complètement détendu, il s'était aussitôt endormi avec la tranquillité du bienheureux. Le guerrier, d'abord, n'osa pas bouger, persuadé qu'il risquait d'écraser de son poids ce corps qu'il imaginait si fragile. Enfin, délicatement, il se tourna sur le côté et contempla celui qui dormait auprès de lui.
Les traits de l'Elfe étaient très fins, et le masque du sommeil accentuait encore ce caractère ; les oreilles pointues, les yeux légèrement inclinés, lui conféraient une apparence assurément exotique et malgré cela étrangement familière. L'âge de Vivien était impossible à deviner : l'homme lui aurait donné environ vingt ans s'il n'avait pas su que le peuple des étoiles grandit, puis vieillit, considérablement plus lentement que les humains. Si le visage était indiscutablement masculin, cette douceur imberbe s'associait, dans l'esprit d'Aimeric, à une face féminine. Cette qualité androgyne troublait le guerrier plus qu'il ne consentait à l'admettre.
Il se remémora les femmes qu'il avait aimées — ou cru aimer. Il y en avait eu beaucoup, toutes « ramenées » par son ami Éric, lequel utilisait la beauté d'Aimeric et sa gentillesse comme un appât. Le schéma était toujours le même : Éric repérait une femme (généralement une jeune veuve) qui lui plaisait, c'est-à-dire surtout par la taille de sa poitrine ; il vantait ses charmes, c'est-à-dire surtout cette taille, auprès d'Aimeric, et le poussait dans les bras de la victime. Aimeric lui-même était maladroit avec les filles, il ne savait comment leur parler ; mais son corps d'athlète impeccablement bâti allié à sa tendresse profonde parlaient pour lui. Seulement, il se lassait toujours rapidement, et Éric était toujours derrière pour récupérer les pertes : il n'avait rien de la bonté simple et directe d'Aimeric, mais ce n'était pas pour autant une brute, et il réussissait à peu près à consoler les inconsolables. Aimeric était vite devenu conscient de ce manège, mais il avait pour Éric une vénération si marquée qu'il n'osait pas lui tenir tête ; il s'efforçait de croire que tout le monde était gagnant. Aucune femme n'avait jamais été à son goût : toutes étaient des créatures gentilles mais grossières, et il n'avait éprouvé que peu de plaisir à leur compagnie et aucun à l'acte en soi. La pensée qu'il devait avoir laissé un bon nombre d'enfants dans le pays, dont il ignorait tout, notamment s'ils avaient survécu, le troublait assez : mais Éric se riait de tant de scrupule quand son camarade lui en parlait.
Aimeric se dit qu'il voudrait rencontrer une fille en tout point semblable à cet Elfe. Il se promit que, celle-là, Éric ne l'aurait pas. Qu'elle serait sienne pour toujours. Il songea à elle et se représenta son visage trait pour trait identique à celui qui était en réalité à ses côtés. Ouvrant de nouveau les yeux, il examina plus longuement son compagnon et s'imprégna de son image. Puis, n'y résistant plus, il avança très lentement la main, et parcourut, aussi légèrement qu'il le put, son oreille, son cou, son épaule. Il réfléchit que l'Elfe ne pouvait que se réveiller. Mais, non, Vivien continuait de dormir — à moins qu'il fît semblant.
Et c'est à ce moment seulement qu'Aimeric prit conscience du fait qu'il bandait.
Il en éprouva une honte certaine. Il se rappela notamment avec précision tel jeune homme, dans un village qu'il avait traversé autrefois, qu'on avait accusé de se travestir et de séduire les hommes comme une femme : le garçon avait été publiquement déshabillé, puis fouetté, et enfin violé successivement par sept hommes qui se prétendaient les victimes de ses avances ; finalement, nu, la croupe en sang, l'adolescent avait été banni du bourg avec interdiction pour quiconque de lui parler à l'avenir. Même Éric, pourtant difficile à attendrir, qui avait assisté à la scène, avait trouvé ce châtiment injuste et cruel ; car, expliquait-il, ce garçon était trop jeune pour comprendre le mal qu'il avait fait. Aimeric, pour sa part, avait été profondément révolté. Et plus tard, il avait également pensé qu'il y avait quelque chose de parfaitement absurde, d'un certain point de vue, à punir le jeune homme précisément par l'acte qu'on l'accusait d'avoir cherché à obtenir.
Dans le groupe de guerriers mercenaires dont Éric et Aimeric faisaient partie, il y avait aussi des rumeurs d'amours viriles. De l'avis d'Aimeric, cependant, il s'agissait simplement de manœuvres pour déstabiliser tels ou tels bons amis. Heureusement, il n'était en aucun cas question de fouetter ou de bannir qui que ce soit. Mais lorsqu'on avait dit de Garec qu'il s'était laissé prendre par Loric, l'un comme l'autre avaient perdu en un instant tout le respect qui leur était porté par les autres ; nul ne louait plus le courage de Garec, sauf pour parler de lui au féminin et prétendre que, pour une demoiselle, « elle » n'était pas mauvais guerrier.
Ces pensées traversèrent rapidement l'esprit d'Aimeric, et il retira prestement sa main du corps de l'Elfe qu'elle avait continué à parcourir. Il secoua la tête comme pour s'éclaircir les idées, et se débarrassa des vêtements qu'il avait gardés sur lui pour dormir : puis, s'asseyant, il prit sa verge dans la main, et, cherchant à évoquer un visage de femme, il commença à se masturber. Or il ne parvenait à voir que Vivien. Il rouvrit les yeux.
L'Elfe était là, réveillé, à genoux, à le regarder, et il souriait légèrement mais sans trace de moquerie. Le mercenaire, pris par surprise (aucun son n'ayant trahi le mouvement de l'autre), sursauta, et resta presque pétrifié.
Vivien ne dit pas un mot. Sans cesser de sourire d'un air joueur, sans cesser de regarder Aimeric droit dans les yeux, il mit la main au sexe du guerrier dont il écarta la sienne. Puis il mit l'autre main derrière la nuque de l'homme, approcha sa tête de la sienne, posa ses lèvres sur les siennes, et l'embrassa fermement en même temps qu'il lui massait le gland. Tout cela en un seul mouvement félin. Aimeric n'opposa pas la moindre lutte ; il permit à la langue de l'Elfe d'entrer dans sa bouche, et se sentit entièrement captivé.
Vivien fit durer longtemps le baiser. Ensuite, il caressa de ses lèvres le cou et le haut du torse de l'homme. S'attardant sur les seins, il tira un soupir de plaisir à celui dont il mordillait la poitrine. Pendant que l'Elfe lui suçait la peau, Aimeric plongea la main dans ces longs cheveux blonds qu'il avait admirés, et les laissa filer entre les doigts. À mesure que son excitation montait, ses gestes se faisaient saccadés et sa respiration irrégulière.
Rapidement, Vivien enveloppa dans sa bouche le phallus, maintenant en érection complète, d'Aimeric. Celui-ci fut sur le point de protester, mais la sensation de jouissance qu'il éprouvait le réduisit au silence, et il referma les yeux, désormais complètement soumis aux gestes de son partenaire, qui lui manipulait les testicules et lui stimulait le pénis de sa langue. Pourtant, une partie de lui se sentait humiliée de se laisser ainsi posséder, et lui interdisait de jouir dans la bouche d'un homme (fût-ce un Elfe). Or en tentant vainement de retenir l'éjaculation, il ne parvint qu'à augmenter le plaisir qui affluait par vagues depuis son pubis. Quand l'orgasme, retardé, enfin, se produisit, explosion silencieuse qui lui parcourait les veines, Aimeric crut qu'il devait défaillir. Ce fut un profond apaisement qu'il ressentit alors, et il ne pensa plus à rien.
Vivien libéra le sexe du mercenaire, et avala le sperme — toujours sans manifester la moindre gêne. Aimeric, quant à lui, était profondément troublé par ce qu'il venait de vivre, et il se retourna, enfouissant sa tête dans ses vêtements (et leur odeur familière), pour ne pas regarder l'Elfe.
C'était sans compter le fait que ce dernier n'en avait pas fini avec lui.

Le repos du guerrier fut de courte durée. Il allait à l'instant s'endormir lorsqu'il sentit que des mains s'affairaient entre ses fesses. Cette fois, ç'en fut trop pour Aimeric : en un éclair, il fut assis face à Vivien, et il lui dit, fermement, « non ». Il s'apprêtait à justifier ce refus, à expliquer que ce qu'il avait laissé l'Elfe faire était déjà, à ses yeux, suffisamment grave, et qu'il refusait en tout cas qu'on s'en prît à sa masculinité — il avait à l'esprit ce garçon qu'il avait vu bannir, et la façon dont Garec avait perdu tout honneur ; et il doutait d'ailleurs qu'il pût ressentir du plaisir à être pénétré.
Aimeric allait expliquer tout cela, mais l'expression sur le visage de l'Elfe, surprise et déçue à la fois, le fit taire : Vivien avait un air simultanément piteux et comique. Il répéta « non ? » d'un ton si candide et si attendrissant qu'Aimeric ne put se retenir de rire. Le guerrier soupira et s'allongea de nouveau sur le sol, renonçant à la résistance. Somme toute, qu'avait-il à perdre ?
Vivien lui travailla l'anus pour le lubrifier, se servant d'abord du liquide sécrété par son propre gland, ensuite de sa salive ; puis il tenta de traverser l'orifice vierge, dont le sphincter était encore trop contracté. Aimeric rigolait nerveusement, sans pouvoir s'arrêter. Il était sur le point de dire à l'autre d'abandonner ce qui visiblement ne menait à rien, mais soudain il cessa de rire et prit une brusque respiration : le sexe était entré.
Sans doute Vivien n'était-il que correctement monté ; Aimeric, trop embarrassé pour regarder l'Elfe entre les jambes, avait dû supposer qu'il l'était moins, en raison de son apparence délicate et svelte. Mais à celui qui n'avait jamais connu cette pénétration de son intimité, le membre qui lui traversait les entrailles sembla d'une taille et d'une dureté extraordinaires. Le guerrier se trouva assailli de sentiments multiples et qu'il ne comprit pas ; à la gêne, tant physique que mentale, de sa position, se mêlait le plaisir, intense et inavouable, centré sur cet organe qui fouillait l'intérieur de son corps.
Pendant un instant fugace, Aimeric éprouva une impression quasiment mystique. Il y avait quelque chose de tellement souple et gracieux à la façon dont l'Elfe allait et venait entre ses cuisses, qu'un acte a priori ridicule ou même sordide devenait, par enchantement, noble et majestueux. Pendant cet instant, Aimeric aima Vivien, profondément et tendrement. L'impression se dissipa en partie, mais il ne resta plus à l'homme aucune trace de la honte qu'il avait pu connaître auparavant : au contraire, c'était une réelle fierté pour lui d'être ainsi plaqué contre le sol, et de resentir en lui une partie de cette créature si belle et si énigmatique.
L'homme et l'Elfe jouirent simultanément : au moment précis où Aimeric sentit le liquide tiède envahir son abdomen, lui-même atteignit l'orgasme comme il n'aurait jamais cru possible. Son pénis rendit les dernières gouttes d'un sperme qu'il avait déjà presque complètement évacué ; son sphincter palpita autour de la verge de Vivien, que celui-ci retira doucement. Il jeta un dernier regard à l'Elfe dont l'expression bénigne et rassurante ne s'était pas altérée, et sombra immédiatement dans un sommeil paisible.
*
Le lendemain, quand le guerrier se réveilla, Vivien était parti sans une trace et sans une explication. Seule la certitude que jamais Aimeric n'aurait pu inventer ce qu'il avait vécu lui assurait qu'il ne s'agissait pas d'un rêve. Haussant les épaules, il rassembla ses affaires et se remit en route.
* * *
Trois ans plus tard, le roi Alaynas des Elfes mourut et son fils Venventhas lui succéda. Le nouveau souverain rendit visite à son homologue le roi Carlan III en sa capitale de Néréport. Parmi la haie d'honneur, largement composée de mercenaires recrutés à la hâte par Carlan, figurait Aimeric.
La vie de ce dernier s'était transformée depuis la rencontre qu'il avait faite. Il avait osé approcher plusieurs des guerriers de son groupe pour tenter de les séduire, et avait été surpris de la réussite de ses entreprises, auprès d'hommes qui s'étaient vantés de leurs conquêtes féminines et de leur virilité. En contrepartie, Aimeric devait subir d'incessantes railleries humiliantes ; mais il avait appris à les ignorer, et sa droiture et sa dignité lui avaient du moins gagné, ou conservé, l'estime des plus honorables.
En ce moment, Aimeric vit donc le nouveau roi des Elfes passer devant lui pour aller au-devant de Carlan III. Et quelle ne fut pas sa surprise lorsque Venventhas tourna la tête et lui adressa un clin d'œil — et qu'il reconnut celui avec qui il avait fait l'amour dans la forêt.
Alors Aimeric sut que les moqueries de ses camarades ne l'atteindraient plus jamais : eux pouvaient rêver en vain d'avoir un jour leur princesse, mais lui, lui, il avait eu son prince.

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