vendredi 21 septembre 2012
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Les philosophes s'interrogent sur les causes premières
Quatre sortes de causes...
La première est l'essence et la forme propre de chaque chose.
La notion remonte à Aristote. Chez lui, c'est ce qui définit ce que chaque étant est ; c'est la réponse à la question « qu'est-ce que c'est? »
La forme substantielle de l'homme, par opposition aux formes accidentelles, c'est l'âme.
"quiddité", "forme substantielle", "essence", "essence de la chose", "ce qui fait que la chose est ce qu'elle est", "l'être ce que c'est", "l'essentiel de l'essence d'une chose".
"La substance de chaque être soit la quiddité, soit l'universel, soit le genre, soit, en quatrième lieu, le sujet. (...) La quiddité de chaque être, c'est ce qu'il est dit être par soi. Être toi, en effet, ce n'est pas être musicien, car ce n'est pas par toi que tu es musicien ; ta quiddité est donc ce que tu es par toi. (...) La véritable énonciation de la quiddité de chaque être est celle qui exprime la nature de l'être défini, mais dans laquelle ne figure pas cet être lui-même (...). La quiddité d'un être est son essence individuelle et déterminée" (Métaphysique, livre Z, trad. J. Tricot).
Leibniz donne à l'expression "forme substantielle" le sens d'âme, d'esprit.
"Toute la nature du corps ne consiste pas seulement dans l'étendue [comme soutient Descartes], c'est-à-dire dans la grandeur, figure et mouvement, mais qu'il faut nécessairement y reconnaître quelque chose qui ait du rapport aux âmes et qu'on appelle communément forme substantielle" (Discours de métaphysique, XII).
Pierre Duhem a essayé de conserver cette notion." « Pourquoi l’opium fait-il dormir ? (…) Parce qu’il a une vertu dormitive. » Ainsi Molière ridiculisait-il ceux qui recouraient aux formes substantielles et produisaient par là même des explications purement verbales. Expliquer l’action d’une substance uniquement en faisant référence au principe de son action revenait, en effet, à ne rien expliquer.
Quiddité. - Ce mot, dérivé du latin quid? Quelle est cette chose, qu'est-ce? a été forgé par les scolastiques pour traduire l'expression souvent employée par Aristote dans sa Métaphysique de to ti hn einai, laquelle désigne l'essence d'une chose, ce qui constitue sa nature spécifique, ce qui fait qu'elle est ceci plutôt que cela.
La plupart des premiers philosophes ont cherché dans la matière les principes de toutes choses. Car ce dont toute chose est, d'où provient toute génération et où aboutit toute destruction, l'essence restant la même et ne faisant que changer d'accidents, voilà ce qu'ils appellent l'élément et le principe des êtres; et pour cette raison, ils pensent que rien ne naît et que rien ne périt, puisque cette nature première subsiste toujours.
La seconde cause est la matière et le sujet.
La substance est la première des dix catégories dont Aristote a donné plusieurs listes différentes. Le mot « substance » est généralement utilisé en français pour traduire le grecουσια, ousia, mais on le traduit parfois également par « essence ».
Le mot « ousia » est le participe substantivé au neutre pluriel du verbe ειναι, einai (être). Le sens commun du mot grec est : « propriété », « ce qui appartient en propre », « l'avoir ».
Le mot « ousia » signifie plusieurs choses chez Aristote : le composé (sunolon) de matière et de forme (ou la substance première correspondant à l'idée singulière, l'individu) et la substance formelle (essence, quiddité ou substance seconde correspondant à la "catégorie" supérieure de la substance première).
Substance première (prôté ousia)
La substance est d'abord « ce qui n'est ni dans un sujet, ni ne se dit d'un sujet, par exemple, tel homme donné, tel cheval donné. » C'est un sensible singulier (to kath'hekaston kai aisthêton), individuel et numériquement un, qui n'est prédiqué de rien, mais dont on prédique d'autres réalités. Les substances premières « signifient un ceci, en effet, ce qu'elles désignent est individuel et numériquement un. »
Mais ce n'est pas encore suffisant pour qualifier la substance, car toute chose individuelle et numériquement une n'est pas une substance. En effet, cette première définition fait de la matière une substance :
« L'un des genres de l'être est, disons-nous, la substance ; or, la substance, c'est en un premier sens, la matière, c'est-à-dire ce qui, par soi, n'est pas une chose déterminée ; en un second sens, c'est la figure et la forme, suivant laquelle, dès lors, la matière est appelée un être déterminé, et, en un troisième sens, c'est le composé de la matière et de la forme. ».
. Aristote ajoutera donc que :
« La substance est prise en deux acceptions ; c'est le sujet dernier, celui qui n'est plus affirmé d'aucun autre, et c'est encore ce qui, étant l'individu pris dans son essence, est aussi séparable : de cette nature est la forme ou configuration de chaque être. »
« Sont dites essences secondes les espèces auxquelles appartiennent les essences dites au sens premier, ces espèces ainsi que les genres de ces espèces » (Catégories, 2 a 14-16).
Les quatre éléments : l'eau, l'air, le feu, et le terre. Tout en découle. Elles ne naissent pas et ne dépérissent pas, subsistent, se séparent, se réunissent, augmentent ou diminuent.
J’entreprends de chanter les métamorphoses qui ont revêtu les corps de formes nouvelles. Dieux, qui les avez transformés, favorisez mon dessein et conduisez mes chants d’âge en âge, depuis l’origine du monde jusqu’à nos jours.
Avant la création de la mer, de la terre et du ciel, voûte de l’univers, la nature entière ne présentait qu’un aspect uniforme ; on a donné le nom de chaos à cette masse informe et grossière, bloc inerte et sans vie, assemblage confus d’éléments discordants et mal unis entre eux. Le soleil ne prêtait point encore sa lumière au monde ; la lune renaissante ne faisait pas briller son croissant : la terre, que l’air environne, n’était point suspendue et balancée sur son propre poids ; et la mer n’avait point encore étendu autour d’elle ses bras immenses ; l’air, la mer et la terre étaient confondus ensemble : ainsi la terre n’avait pas de solidité, l’eau n’était point navigable, l’air manquait de lumière ; rien n’avait encore reçu sa forme distincte et propre. Ennemis les uns des autres, tous ces éléments rassemblés en désordre, le froid et le chaud, le sec et l’humide, les corps mous et les corps durs, les corps pesants et les corps légers, se livraient une éternelle guerre.
Un dieu, si ce n’est la bienfaisante Nature elle-même, mit fin à cette lutte, en séparant la terre du ciel, l’eau de la terre, et l’air le plus pur de l’air le plus grossier. Quand il eut débrouillé ce chaos, et séparé les éléments en marquant à chacun d’eux la place qu’il devait occuper, il établit entre eux les lois d’une immuable harmonie. Le feu brille, et, porté par sa légèreté vers la voûte des cieux, occupe la plus haute région : l’air, le plus léger après le feu, se place auprès de lui : précipitée au-dessous, par sa propre masse, la terre entraîne avec elle les plus lourds éléments, et s’affaisse par son poids ; l’eau enfin se répandant autour d’elle, se réfugie au fond de ses entrailles et entoure sa solide surface.
Après que ce dieu, quel qu’il fût, eut ainsi opéré le partage et l’arrangement de cet amas de matière, il façonna d’abord la terre encore inégale par certains côtés, et l’arrondit en un globe immense. À sa voix, les mers prennent leurs cours, se soulèvent au souffle furieux des vents, et se répandent tout autour de la terre. Il creuse les fontaines, les lacs, et les vastes marais ; il trace la pente des fleuves et la contient entre des rives sinueuses : arrêtés çà et là dans leurs cours, les uns sont absorbés par le sol, les autres portent leurs eaux jusqu’à la mer ; mais, déchaînées en liberté, ce ne sont plus des rives, mais des rivages, qu’elles battent de leurs flots. Enfin il aplanit les campagnes, abaisse les vallées, couvre les forêts de feuillage, élève les montagnes et les couronne de rochers. De même que la voûte du ciel est divisée en cinq zones, deux à droite, deux à gauche, et que celle du milieu est la plus ardente ; de même le globe de la terre, que le ciel enveloppe, est partagé par la main de Dieu en cinq espaces que foulent les pieds des hommes : la zone intermédiaire est brûlante et inhabitable : une neige éternelle couvre celles qui sont aux extrémités. Entre ces deux zones, la nature en a placé deux autres que tempère un mélange de froid et de chaleur. L’air est au-dessus ; plus léger que la terre et l’eau, il est aussi plus pesant que le feu. C’est là qu’il suspendit les brouillards et les nuages, la foudre, dont le bruit devait épouvanter les mortels, et les vents qui font naître et la foudre et le froid. Mais le créateur du monde n’a point aveuglément livré les airs à leur fureur. Quoiqu’ils règnent séparément en des climats divers, à peine encore peut-on les empêcher de bouleverser le monde ; tant est violente la discorde qui sépare ces frères ! L’Eurus fut relégué dans le royaume de Perse, l’empire de Nabata et les montagnes que le jour éclaire de ses rayons naissants : les lieux que le soleil couchant échauffe de ses derniers feux échurent à Zéphir, l’impétueux Borée envahit la Scythie et le Septentrion : et l’orageux Auster fixa dans le midi l’humide empire des nuages et des pluies. Au-dessus de tous ces vents s’élève l’Éther, élément fluide et léger, entièrement dégagé des vapeurs impures de la terre. Dès que l’auteur de la nature eut réglé les limites qui devaient servir de barrière aux différents corps, les astres ensevelis auparavant dans la nuit du chaos commencèrent à briller dans toute l’étendue des cieux ; et afin que chaque région eût ses habitants, la voûte céleste devint la demeure des astres et des dieux, les eaux se peuplèrent de poissons, la terre de bêtes fauves, et l’air d’oiseaux qui le battent de leurs ailes. Un animal plus noble, doué d’une raison plus élevée, et fait pour commander aux autres, manquait encore. L’homme naquit : soit que l’ouvrier sublime, qui a tiré l’univers du chaos, l’eût formé d’une semence divine ; soit que la terre, à peine sortie des mains du Créateur, et séparée des purs rayons de l’éther, eût animé le germe céleste que cette alliance avait déposé dans son sein, et que le fils de Japet, détrempant avec de l’eau cette terrestre argile, l’eût façonnée à l’image des dieux, arbitres de l’univers ; tandis que les autres animaux courbent la tête et regardent la terre, l’homme éleva un front noble et porta ses regards vers les cieux. Ainsi la terre, qui n’était auparavant qu’une masse informe et grossière, revêtit, en se transformant, les traits du premier des humains. "Les métamorphoses" d'Ovide.
La troisième le principe du mouvement.
L'énoncé original de la première loi du mouvement est le suivant :« Tout corps persévère dans l'état de repos ou de mouvement uniforme en ligne droite dans lequel il se trouve, à moins que quelque force n'agisse sur lui, et ne le contraigne à changer d'état. »
Dans la formulation moderne de la loi, on parle de mouvement rectiligne uniforme, et on remplace la notion de force (unique) par celle, plus générale, de résultante des forces appliquées sur le corps. Autrement dit, s'il n'y a pas de force qui s'exerce sur un corps (corps isolé), ou si la somme des forces (ou force résultante) s'exerçant sur lui est égale au vecteur nul (corps pseudo-isolé), la direction et la norme de sa vitesse ne changent pas ou, ce qui revient au même, son accélération est nulle. Cette première loi infirme la conception héritée d'Aristote, selon laquelle pour maintenir la vitesse d'un mobile constante, il était nécessaire de lui appliquer une force continue.
La quatrième, enfin, celle qui répond à la précédente, la raison et le bien des choses.
Une intelligence est la cause de l'arrangement et de l'ordre de l'univers. C'est elle qui imprime le mouvement.
L'amour et le désir, à l'origine de la sortie du chaos, seuls capables de donner le mouvement et le lien aux choses.
Mais existent aussi les contraire, le mal et le laid.
L'amitié est la cause du bien, la discorde celle du mal.
Le principe de tous les biens est le bien lui-même, et le mal le principe de tout ce qui est mauvais.
Le plein et le vide, l'être et le non être, le plein ou le solide, c'es l'être, le vide ou le rare, c'est le non être ...l'être n'existe pas plus que le non-être, parce que le corps n'existe pas plus que le vide : telles sont, sous le point de vue de la matière, les causes des êtres.
Des philosophes placent dans les différences les causes de toutes choses; ces différences sont au nombre de trois, la forme, l'ordre et la position : ils disent en effet que les différences de l'être viennent de la configuration, de l'arrangement et de la tournure ; or, la configuration c'est la forme, l'arrangement c'est l'ordre, la tournure c'est la position.
Publié par
Narcissius de Thespie
à
06:24
Libellés :
Aristote,
La philosophie
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