samedi 18 août 2012
La conclusion et les conseils du coach...Merci Greg!
Narcisse doit varier les plaisirs !
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| Narcissius de Thespies |
Cela fait maintenant une semaine que nous suivons les aventures de
Narcisse et, tout particulièrement, sa reprise du sport. Sept jours de
suite, Narcisse a couru, en baskets ou les pieds nus, augmentant à
chaque fois la distance.
Aujourd'hui, Narcisse ressent une forte douleur et consulte son médecin
qui diagnostique une tendinite et prescrit au moins sept jours de
repos... Patatras !!! Fallait-il s'y attendre ? Quelles erreurs a
commises, Narcisse ?
Je pourrais vous dire qu'il a omis de se faire suivre par un professionnel du sport mais la ficelle serait trop grosse...
Narcisse a commis la faute habituelle que commettent les personnes qui décident de se remettre au sport : trop, trop vite !
Il ne faut pas courir tous les jours, 2 ou 3 fois dans la semaine, c'est bien et surtout il faut varier les plaisirs...
Si l'on veut rester dans les exercices cardio afin de perdre du poids,
courir oui, mais aussi faire du vélo, du VTT, nager en mer, en rivière,
en lac ou en piscine, pratiquer un sport collectif (foot, volley,
basket,...),...
Si l'on veut prendre du muscle, travailler un gros groupe musculaire par
jour puis le laisser tranquille durant deux jours afin que le muscle se
repose et que les fibres se reconstruisent.
De cette expérience et de cet article, retenez la leçon suivante et je sais que vous la retiendrez : « Il faut varier les plaisirs ».
Un grand bravo et un grand merci à Narcisse !
Le blog de Narcisse : http://lejardindenarcisse.blogspot.fr/
Le blog de Grégory CAPRA
Pour me contacter : manager@gregory-capra.com
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Narcissius de Thespie
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La prière contre le mariage gay par Nico de Arthus et Nico
Je
(nico) suis pour le mariage gay et suis contre les positions du Vatican
sur le port du préservatif. Ceci étant dit, les réactions que j'ai lu
dans les réseaux sociaux me paraissent totalement à la ramasse. Nous
faisons face à un anti-cléricalisme primaire qui j'imagine doit
remplacer le vide de l'anti-sarkozisme primaire dans la tête des
simplets. Reprenons les choses pour ce qu'elles sont : L'Eglise prône la
vie maritale, ne marie que les hommes et femmes baptisés et ne permet
pas le divorce. A ceci j'ajoute que le mariage homosexuel est INTERDIT
en France, tout comme l'adoption par les homos ou encore les mères
porteuses. Est-ce que sérieusement quelqu'un peut se dire étonné que
l'Eglise, conservatrice et traditionnelle, ait rappelé sa vision de la
famille ? vision totalement en ligne avec la législation française ?
Les
catholiques ne représentent plus que 64% de la population française
(contre 87% entre 1972). Seuls 4,5% des catholiques sont pratiquants. Et
sur ces catholiques pratiquants, 45% sont favorables au mariage homo.
On a donc seulement 55% des 4,5% des 64% de la population française qui
sont des catholiques pratiquants anti mariage homo. (et je rappelle au
passage qu'être contre le mariage gay ne veut pas dire que l'on est
homophobe. C'est un amalgame. Il existe une minorité non négligeable de
gays qui sont contre). Cela ne représente au final qu'un million de
personnes en France. Dur dur d'imaginer l'Eglise catholique comme cette
grosse épée de Damoclès au-dessus de la communauté gay.
Si
les lobbys gays n'avaient rien dit, cette prière serait passée
totalement inaperçu et je suis même persuadé qu'une majorité des
pratiquants n'aurait même pas attention à ce sous-entendu
anti-homoparentalité. C'est ce buzz médiatique qui a donné du poids à
cette prière et qui par conséquent revigore les extrémistes réellement
homophobes.
Nous
sommes dans un pays qui se veut à la pointe de la liberté d'expression
mais dès que cette expression n'est pas dans le sens du vent, c'est la
levée de bouclier. L'Eglise catholique croit en un modèle familial, elle
a totalement le droit d'en parler avec ses fidèles. La prière n'a pas
été lue à l'assemblée nationale mais dans les églises. Elle en a
d'autant plus le droit que ce qu'elle dit est une fois de plus
totalement en ligne avec la législation française actuelle.
Pour
toutes ces raisons, même si je ne suis pas d'accord avec la position de
l'Eglise, je ne suis absolument pas choqué par cette prière. Nous
sommes dans un Etat de droit et non pas dans un Etat qui impose une
pensée unique.
Ce
qui m'a choqué en revanche c'est que ce simple sous-entendu qui
rappelle les positions traditionalistes de l'Eglise, ce qu'elle fait
depuis 2000 ans, a obtenu pour réponse un déferlement de haines,
d'insultes, de discriminations, de diffamation, d'amalgames de la part
des gays. Je suis réellement écoeuré par ce comportement de notre
communauté qui a montré un visage totalement vindicatif. Le néants
intellectuel. Il est tout à fait normal que les gays condamnent la
position de l'Eglise catholique. Mais condamner ne veut pas dire
insulter ! Je ne comprends réellement pas cette attitude primaire. Le
commentaire le plus courant : L'Eglise n'a rien à dire ce n'est qu'une
église de pédophiles. Dans la même lignée j'ai lu que le Vatican
souhaitait le retour du régime d'Hitler, que c'était une Eglise qui
massacrait les protestants, que les religieux n'étaient que des gens
haineux, etc...
Donc :
1/
Amalgame et généralisation à gogo. Il y a eu un vrai problème de
pédophilie dans l'Eglise mais donc nous communauté minoritaire qui nous
plaignons de subir des clichés nous avons le droit de dire que parce
qu'une minorité de prêtres ont commis des actes odieux TOUS les
religieux sont des pédophiles en puissance ?? C'est comme cela que l'on
se montre homme de gauche humaniste et progressiste ? En faisant des
généralisations honteuses ? Il y a eu de la pédophilie chez les instits,
on les interdit tous ? Il y a des immigrés voleurs, tous les immigrés
sont des voleurs ? Ce raisonnement que j'ai vu une bonne dizaine de fois
sur Twitter et Facebook est réellement honteux.
2/
Comparer l'Eglise d'aujourd'hui à celle des croisades, de la St
Barthélémy ou de l'inquisition est juste totalement débile. Une
organisation d'hommes ne peut pas évoluer et changer ?? Tueur un jour,
tueur toujours 3 siècles après ?? Mais alors, interdisons le parti
communiste et les millions de mort qu'a provoqué son entité mère au
20ème siècle. Interdisons même tous les partis politiques, ils ont tous
(le PS aussi) couvert des affaires de santé publique.
3/
Mais alors quid de Soeur Emmanuelle, de l'Abbé Pierre, de Mère Théresa,
du prêtre des loubards, du secours catholique, des prêtes qui ont sauvé
des enfants juifs pendant la guerre ? Un peu facile d'écarter tout cela
afin de pouvoir asséner son propos de haine sur cette "Eglise de
pédophiles trop riches qui manipule les gens".
4/
Pourquoi un tel déversement uniquement orienté vers l'Eglise catholique
alors que d'autres religions ailleurs dans le monde tue les
homosexuels, et en France les rejettent totalement ??
Sur
un plan beaucoup plus personnel, je suis réellement blessé par tous ces
discours de haine. Du CE1 à la Terminale j'étais dans un établissement
privé catho. Catéchisme obligatoire jusqu'en 5ème, optionnel ensuite.
L'école est dans un ancien petit chateau et nous avions notre propre
chapelle avec messe pour les grandes célébrations au cours de l'année.
J'ai fait du catéchisme jusqu'en terminale et je suis allé jusqu'à la
Confirmation. Je ne me retrouve absolument pas dans le descriptif que je
lis de cette religion dans les commentaires sur les réseaux sociaux. On
nous a toujours mis en avant le Dieu qui pardonne, et l'acceptation de
son prochain. Nous avons fait des tonnes de rencontres avec des
personnes hors des moules, nous avions des cours sur la sexualité en
4ème, en 3ème nous avons organisé un concert pour toute l'école au cours
desquels nous avons récolté des fonds pour la lutte contre le SIDA.
Nous avions récolté 10 000 francs ! Nous avions vendu des rubans rouge
dans toute la ville. La même année, en catéchisme dans une famille très
pratiquante (c'est-à-dire qui faisait des prières chantées avant chaque
repas), la famille nous a fait rencontrer un de leurs amis homo et
sidéen. Au milieu des années 90 !! J'aimerai beaucoup savoir quel est la
proportion d'ados des années 90 qui ont rencontré un sidéen...
Mes
amis les plus proches sont les mêmes depuis le collège. Certains sont
toujours catholiques pratiquants (à la messe tous les dimanches). Ils
ont totalement accepté notre couple et nous demande même quand est-ce
que nous aurons notre premier enfant. D'un autre côté, une de mes soeurs
est mariée à un musulman. Cette partie de la famille n'est pas au
courant parce que cela se passerait mal. Mon autre soeur, athée, ne me
parle plus depuis un an en raison de mon couple.
Je
ne comprends donc réellement pas cette haine qui se déverse depuis 2
jours sur les réseaux sociaux. On me répond mais comment peux-tu
accepter les positions de l'Eglise? Mais parce que vous êtes toujours
100% d'accord avec les gens qui vous entourent ? Vous ne pouvez être
amis qu'avec des gens qui pensent comme vous ? Vous pensez 100% comme le
parti politique pour lequel vous votez ? Quelle tristesse
intellectuelle !
Je
suis vraiment navré par le niveau qu'atteint ce débat. Enfin, débat...
ce n'est qu'un buzz. La semaine prochaine nous serons tous passés à
autre chose. Et pour finir, voici la définition du Larousse de fonder
une famille : Ensemble formé par le père, la mère et les enfants.
Alors allons tous nous rouler des pelles devant le siège de Larousse pour leur balancer leur homophobie à la gueule ....
Merci garçons, enfin des voix discordantes...j'adhère aux propos tenus par Nico!
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Narcissius de Thespie
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08:41
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Mariage pour les gay
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Ce serait bien que cela donne des idées à certains...
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Narcissius de Thespie
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08:14
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Matthieu Charneau
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Narcissius de Thespie
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07:45
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Les Pussy Riot condamnées à deux ans de camp

Où se dérouleront les JO d'hiver 2014...? !!!
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La planète malade
La « pollution » est aujourd’hui à la mode, exactement de la même
manière que la révolution : elle s’empare de toute la vie de la société,
et elle est représentée illusoirement dans le spectacle. Elle est
bavardage assommant dans une pléthore d’écrits et de discours erronés et
mystificateurs, et elle prend tout le monde à la gorge dans les faits.
Elle s’expose partout en tant qu’idéologie, et elle gagne du terrain en
tant que processus réel.
Ces deux mouvements antagonistes, le stade suprême de la production
marchande et le projet de sa négation totale, également riches de
contradictions en eux-mêmes, grandissent ensemble. Ils sont les deux
côtés par lesquels se manifeste un même moment historique longtemps
attendu, et souvent prévu sous des figures partielles inadéquates :
l’impossibilité de la continuation du fonctionnement du capitalisme.
L’époque qui a tous les moyens techniques d’altérer absolument les
conditions de vie sur toute la Terre est également l’époque qui, par le
même développement technique et scientifique séparé, dispose de tous les
moyens de contrôle et de prévision mathématiquement indubitable pour
mesurer exactement par avance où mène - et vers quelle date - la
croissance automatique des forces productives aliénées de la société de
classes : c’est à dire pour mesurer la dégradation rapide des conditions
mêmes de la survie, au sens le plus général et le plus trivial du
terme.
Tandis que des imbéciles passéistes dissertent encore sur, et contre,
une critique esthétique de tout cela, et croient se montrer lucides et
modernes en affectant d’épouser leur siècle, en proclamant que
l’autoroute ou Sarcelles ont leur beauté que l’on devrait préférer à
l’inconfort des « pittoresques » quartiers anciens, ou en faisant
gravement remarquer que l’ensemble de la population mange mieux, en
dépit des nostalgiques de la bonne cuisine, déjà le problème de la
dégradation de la totalité de l’environnement naturel et humain a
complètement cessé de se poser sur le plan de la prétendue qualité
ancienne, esthétique ou autre, pour devenir radicalement le problème
même de la possibilité matérielle d’existence du monde qui poursuit un
tel mouvement. L’impossibilité est en fait déjà parfaitement démontrée
par toute la connaissance scientifique séparée, qui ne discute plus que
de l’échéance ; et des palliatifs qui pourraient, si on les appliquait
fermement, la reculer légèrement. Une telle science ne peut
qu’accompagner vers la destruction le monde qui l’a produite et qui la
tient ; mais elle est forcée de le faire avec les yeux ouverts. Elle
montre ainsi, à un degré caricatural, l’inutilité de la connaissance
sans emploi.
On mesure et on extrapole avec une précision excellente
l’augmentation rapide de la pollution chimique de l’atmosphère
respirable ; de l’eau des rivières, des lacs et déjà des océans, et
l’augmentation irréversible de la radioactivité accumulée par le
développement pacifique de l’énergie nucléaire ; des effets du bruit ;
de l’envahissement de l’espace par des produits en matières plastiques
qui peuvent prétendre à une éternité de dépotoir universel ; de la
natalité folle ; de la falsification insensée des aliments ; de la lèpre
urbanistique qui s’étale toujours plus à la place de ce que furent la
ville et la campagne ; ainsi que des maladies mentales - y compris les
craintes névrotiques et les hallucinations qui ne sauraient manquer de
se multiplier bientôt sur le thème de la pollution elle-même, dont on
affiche partout l’image alarmante - et du suicide, dont les taux
d’expansion recoupent déjà exactement celui de l’édification d’un tel
environnement (pour ne rien dire des effets de la guerre atomique ou
bactériologique, dont les moyens sont en place comme l’épée de Damoclès,
mais restent évidemment évitables).
Bref, si l’ampleur et la réalité même des « terreurs de l’An Mil »
sont encore un sujet controversé parmi les historiens, la terreur de
l’An Deux Mille est aussi patente que bien fondée ; elle est dès à
présent certitude scientifique. Cependant, ce qui se passe n’est rien de
foncièrement nouveau : c’est seulement la fin forcée du processus
ancien. Une société toujours plus malade, mais toujours plus puissante, a
recréé partout concrètement le monde comme environnement et décor de sa
maladie, en tant que planète malade. Une société qui n’est pas encore
devenue homogène et qui n’est pas déterminée par elle-même, mais
toujours plus par une partie d’elle-même qui se place au-dessus d’elle,
qui lui est extérieure, a développé un mouvement de domination de la
nature qui ne s’est pas dominé lui-même. Le capitalisme a enfin apporté
la preuve, par son propre mouvement, qu’il ne peut plus développer les
forces productives ; et ceci non pas quantitativement, comme beaucoup
avaient cru le comprendre, mais qualitativement.
Cependant, pour la pensée bourgeoise, méthodologiquement, seul le
quantitatif est le sérieux, le mesurable, l’effectif ; et le qualitatif
n’est que l’incertaine décoration subjective ou artistique du vrai réel
estimé à son vrai poids. Pour la pensée dialectique au contraire, donc
pour l’histoire et pour le prolétariat, le qualitatif est la dimension
la plus décisive du développement réel. Voilà bien ce que, le
capitalisme et nous, nous aurons fini par démontrer.
Les maîtres de la société sont obligés maintenant de parler de la
pollution, et pour la combattre (car ils vivent, après tout, sur la même
planète que nous ; voilà le seul sens auquel on peut admettre que le
développement du capitalisme a réalisé effectivement une certaine fusion
des classes) et pour la dissimuler : car la simple vérité des nuisances
et des risques présents suffit pour constituer un immense facteur de
révolte, une exigence matérialiste des exploités, tout aussi vitale que
l’a été la lutte des prolétaires du XIX siècle pour la possibilité de
manger. Après l’échec fondamental des tous les réformismes du passé -
qui tous aspiraient à la solution définitive du problème des classes -,
un nouveau réformisme se dessine, qui obéit aux mêmes nécessités que les
précédents : huiler la machine et ouvrir de nouvelles occasions de
profit aux entreprises de pointe. Le secteur le plus moderne de
l’industrie se lance sur les différents palliatifs de la pollution,
comme sur un nouveau débouché, d’autant plus rentable qu’une bonne part
du capital monopolisé par l’État y est à employer et manoeuvrer. Mais si
ce nouveau réformisme a d’avance la garantie de son échec, exactement
pour les mêmes raisons que les réformismes passés, il entretient
vis-à-vis d’eux cette radicale différence qu’il n’a plus le temps devant
lui.
Le développement de la production s’est entièrement vérifié jusqu’ici
en tant qu’ accomplissement « de l’économie politique : développement
de la misère, qui a envahi et abîmé le milieu même de la vie. La société
où les producteurs se tuent au travail, et n’ont qu’à en contempler le
résultat, leur donne franchement à voir, et à respirer, le résultat
général du travail aliéné en tant que résultat de mort. Dans la société
de l’économie sur-développée, tout est entré dans la sphère des biens
économiques, même l’eau des sources et l’air des villes, c’est-à-dire
que tout est devenu le mal économique, « reniement achevé de l’homme »
qui atteint maintenant sa parfaite conclusion matérielle. Le conflit des
forces productives modernes et des rapports de production, bourgeois ou
bureaucratiques, de la société capitaliste est entré dans sa phase
ultime. La production de la non-vie a poursuivi de plus en plus vite son
processus linéaire et cumulatif ; venant de franchir un dernier seuil
dans son progrès, elle produit maintenant directement la mort.
La fonction dernière, avouée, essentielle, de l’économie développée
aujourd’hui, dans le monde entier où règne le travail-marchandise, qui
assure tout le pouvoir à ses patrons, c’est « la production des
emplois ». On est donc bien loin des idées progressistes du siècle
précédent sur la diminution possible du travail humain par la
multiplication scientifique et technique de la productivité, qui était
censée assurer toujours plus aisément la satisfaction des besoins
« antérieurement reconnus par tous comme réels », et sans « altération
fondamentale » de la qualité même des biens qui se trouveraient
disponibles. C’est à présent pour produire des emplois , jusque dans les
campagnes vidées de paysans, c’est-à-dire pour utiliser du travail
humain en tant que travail aliéné , en tant que salariat, que l’on fait
« tout le reste » ; et donc que l’on menace stupidement les bases,
actuellement plus fragiles encore que la pensée d’un Kennedy ou d’un
Brejnev, de la vie de l’espèce.
Le vieil océan est en lui-même indifférent à la pollution ; mais
l’histoire ne l’est pas. Elle ne peut être sauvée que par l’abolition du
travail-marchandise. Et jamais la conscience historique n’a eu autant
besoin de dominer de toute urgence son monde, car l’ennemi qui est à sa
porte n’est plus l’illusion, mais sa mort.
Quand les pauvres maîtres de la société dont nous voyons le
déplorable aboutissement , bien pire que toutes les condamnations que
purent fulminer autrefois les plus radicaux des utopistes, doivent
présentement avouer que notre environnement est devenu social ; que la
gestion de tout est devenue une affaire directement politique, jusqu’à
l’herbe des champs et la possibilité de boire, jusqu’à la possibilité de
dormir sans trop de somnifères ou de se laver sans souffrir
d’allergies, dans un tel moment on voit bien aussi que la vieille
politique spécialisée doit avouer qu’elle est complètement finie.
Elle est finie dans la forme suprême de son volontarisme : le pouvoir
bureaucratique totalitaire des régimes dits socialistes, parce que les
bureaucrates au pouvoir ne se sont même pas montrés capables de gérer le
stade antérieur de l’économie capitaliste. S’ils polluent beaucoup
moins - les États-Unis à eux seuls produisent 50 % de la pollution
mondiale -, c’est parce qu’ils sont beaucoup plus pauvres. Ils ne
peuvent, comme par exemple la Chine, en y bloquant une part
disproportionnée de son budget de misère, que se payer la part de
pollution de prestige des puissances pauvres ; quelques redécouvertes et
perfectionnements dans les techniques de la guerre thermonucléaire, ou
plus exactement de son spectacle menaçant. Tant de pauvreté, matérielle
et mentale, soutenue par tant de terrorisme, condamne les bureaucraties
au pouvoir. Et ce qui condamne le pouvoir bourgeois le plus modernisé,
c’est le résultat insupportable de tant de richesse effectivement
empoisonnée. La gestion dite démocratique du capitalisme, dans quelque
pays que ce soit, n’offre que ses élections-démissions qui, on l’a
toujours vu, ne changeaient jamais rien dans l’ensemble, et même fort
peu dans le détail, à une société de classes qui s’imaginait qu’elle
pourrait durer indéfiniment. Elles n’y changent rien de plus au moment
où cette gestion elle-même s’affole et feint de souhaiter, pour trancher
certains problèmes secondaires mais urgents, quelques vagues directives
de l’électorat aliéné et crétinisé (U.S.A., Italie, Angleterre,
France). Tous les observateurs spécialisés avaient toujours relevé -
sans trop s’embarrasser à l’expliquer - ce fait que l’électeur ne change presque jamais d’
« opinion » : c’est justement parce qu’il est l’électeur, celui qui
assume, pour un bref instant, le rôle abstrait qui est précisément
destiné à l’empêcher d’être par lui-même, et de changer (le mécanisme a
été démonté cent fois, tant par l’analyse politique démystifiée que par
les explications de la psychanalyse révolutionnaire). L’électeur ne
change pas davantage quand le monde change toujours plus précipitamment
autour de lui et, en tant qu’ électeur, il ne changerait même pas à la
veille de la fin du monde. Tout système représentatif est
essentiellement conservateur, alors que les conditions d’existence de la
société capitaliste n’ont jamais pu être conservées : elles se
modifient sans interruption, et toujours plus vite, mais la décision -
qui est toujours finalement décision de laisser faire le processus même
de la production marchande - est entièrement laissée à des spécialistes
publicistés ; qu’ils soient seuls dans la course ou bien en concurrence
avec ceux qui vont faire la même chose, et d’ailleurs l’annoncent
hautement. Cependant, l’homme qui vient de voter « librement » pour les
gaullistes ou le P.C.F., tout autant que l’homme qui vient de voter,
contraint et forcé, pour un Gomulka, est capable de montrer ce qu’il est
vraiment, la semaine d’après, en participant à une grève sauvage ou à
une insurrection.
La soi-disant « lutte contre la pollution », par son côté étatique et
réglementaire, va d’abord créer de nouvelles spécialisations, des
services ministériels, des jobs, de l’avancement bureaucratique. Et son
efficacité sera tout à fait à la mesure de tels moyens. Elle ne peut
devenir une volonté réelle, qu’en transformant le système productif
actuel dans ses racines mêmes. Et elle ne peut être appliquée fermement
qu’à l’instant où toutes ses décisions, prises démocratiquement en
pleine connaissance de cause, par les producteurs, seront à tout instant
contrôlées et exécutées par les producteurs eux-mêmes (par exemple les
navires déverseront immanquablement leur pétrole en mer tant qu’ils ne
seront pas sous l’autorité de réels soviets de marins).
Pour décider et exécuter tout cela, il faut que les producteurs deviennent adultes : il faut qu’ils s’emparent tous du pouvoir. L’optimisme scientifique du XIX siècle s’est écroulé sur trois points
essentiels. Premièrement, la prétention de garantir la révolution comme
résolution heureuse des conflits existants (c’était l’illusion
hégélo-gauchiste et marxiste ; la moins ressentie dans l’intelligentsia
bourgeoise, mais la plus riche, et finalement la moins illusoire).
Deuxièmement, la vision cohérente de l’univers, et même simplement de la
matière. Troisièmement, le sentiment euphorique et linéaire du
développement des forces productives. Si nous dominons le premier point,
nous aurons résolu le troisième ; et nous saurons bien plus tard faire
du second notre affaire et notre jeu. Il ne faut pas soigner les
symptômes mais la maladie même. Aujourd’hui la peur est partout, on n’en
sortira qu’en se confiant à nos propres forces, à notre capacité de
détruire toute aliénation existante, et toute image du pouvoir qui nous a
échappé. En remettant tout, excepté nous-mêmes, au seul pouvoir des
Conseils des Travailleurs possédant et reconstruisant à tout instant la
totalité du monde, c’est-à-dire à la rationalité vraie, à une légitimité
nouvelle.
En matière d’environnement « naturel » et construit, de natalité, de
biologie, de production, de « folie »., il n’y aura pas à choisir entre
la fête et le malheur mais consciemment et à chaque carrefour, entre
mille possibilités heureuses ou désastreuses, relativement corrigibles
et, d’autre part, le néant. Les choix terribles du futur proche laissent
cette seule alternative : démocratie totale ou bureaucratie totale.
Ceux qui doutent de la démocratie totale doivent faire des efforts pour
se la prouver à eux-mêmes, en lui donnant l’occasion de se prouver en
marchant ; ou bien il ne leur reste qu’à acheter leur tombe à
tempérament, car « l’autorité, on l’a vue à l’ oeuvre, et ses oeuvres la
condamnent » (Joseph Déjacque).
« La révolution ou la mort », ce slogan n’est plus l’expression
lyrique de la conscience révoltée, c’est le dernier mot de la pensée
scientifique de notre siècle. Ceci s’applique aux périls de l’espèce
comme à l’impossibilité d’adhésion pour les individus. Dans cette
société où le suicide progresse comme on sait, les spécialistes ont dû
reconnaître, avec un certain dépit, qu’il était retombé à presque rien
en mai 1968. Ce printemps obtint aussi, sans précisément y monter à
l’assaut, un beau ciel, parce que quelques voitures avaient brûlé et que
toutes les autres manquaient d’essence pour polluer. Quand il pleut,
quand il y a de faux nuages sur Paris, n’oubliez jamais que c’est la
faute du gouvernement. La production industrielle aliénée fait la pluie.
La révolution fait le beau temps.
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Narcissius de Thespie
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Pourquoi philosopher?

Vous n'échapperez pas au désir, à la loi de la présence absence, à la loi de la dette, vous ne trouverez aucun refuge, pas même dans l'action bien loin d'être un abri, vous exposera plus ouvertement que n'importe quelle méditation à la responsabilité de nommer ce qui doit être dit et fait, c'est à dire d'enregistrer, d'entendre et de transcrire à vos risques et périls, la signification latente dans le monde sur lequel vous voulez agir.
Vous ne pouvez transformer le monde qu'en l'entendant, et la philosophie peut bien avoir l'air d'un ornement sclérosé, d'un passe-temps de demoiselle de bonne famille parce qu'elle ne produit pas des avions supersoniques ou parce qu'elle travaille en chambre et n'intéresse presque personne, elle peut être tout cela, et elle l'est réellement : il reste qu'elle est ou peut être aussi ce moment où le désir qui est dans la réalité vient à lui-même, où le manque dont nous souffrons, en tant qu'individu ou en tant que collectivité, ou ce manque se nomme et en se nommant se transforme.
La philosophie nous dit-elle quand, comment en finir avec lui? Ou bien, si elle sait comment elle a l'air de le savoir aujourd'hui, que ce manque est notre loi, que toute présence se donne sur fond d'absence, alors n'est-il pas légitime, raisonnable, de désespérer, de s'abrutir? Mais vous ne trouverez pas refuge non plus dans la bêtise, car n'est pas brute qui veut ; il vous faudrait refuser la communication et l'échange, il faudrait que vous obteniez le silence absolu ; or il n'y a pas de silence absolu, justement parce que le monde parle déjà, même si c'est d'un façon confuse, et que vous-même continueriez, au moins à rêver, ce qui déjà dit bien trop quand on ne veut plus rien entendre.
Voici donc pourquoi philosopher : parce qu'il y a le désir, parce qu'il y a l'absence dans la présence, du mort dans le vif ; et aussi parce qu'il y a notre pouvoir qui ne l'est pas encore : et aussi parce qu'il y a l'aliénation, la perte de ce qu'on croyait acquis et l'écart entre le fait et le faire, entre le dit et le dire : et enfin parce que nous ne pouvons pas échapper à cela : attenter la présence du manque par notre parole.
En vérité, comment ne pas philosopher?
Ainsi se termine ma lecture et donc la vôtre de l'ouvrage : "Pourquoi philosopher?" de Jean-François Lyotard.
En octobre-novembre 1964, Jean-François Lyotard, alors professeur au Prytanée national militaire de La Flèche, donnait quatre conférences aux étudiants de Propédeutique en Sorbonne. Ces conférences, rassemblées sous le titre Pourquoi philosopher ?, se voulaient une introduction exigeante à l’acte même de philosopher – un acte qui, pour Lyotard, impliquait bien plus qu’un simple goût pour la pensée. Avec la philosophie, il y allait du désir qui fait des êtres humains ce qu’ils sont : « Pourquoi philosopher ? », écrivait-il, revient à demander « Pourquoi désirer ? » – c’est-à-dire : comment nous débrouiller avec ce qui nous manquera toujours ?
D’une rare limpidité pédagogique, en même temps que d’une rare profondeur philosophique, ces conférences témoignent aussi de l’évolution de Lyotard lui-même, s’éloignant toujours plus de la phénoménologie pour inaugurer la pensée radicalement nouvelle qui le mènera à devenir, avec Derrida, Deleuze et Foucault, une des figures majeures de la French Theory. Jamais publiées en français de son vivant (quoi qu’il en listât toujours la traduction espagnole dans ses publications), les Presses universitaires de France sont fières de pouvoir aujourd’hui les présenter au public, accompagnées d’une belle préface de sa fille Corinne Enaudeau.
Jean-François Lyotard (1924-1998) a été une des grandes figures de la pensée française de la seconde moitié du XX° siècle. Parmi ses livres les plus célèbres : La phénoménologie (PUF, 1954), Discours, Figure (Klincksieck, 1971), La condition postmoderne (Minuit, 1979) ou Le Différend (Minuit, 1983).
Publié par
Narcissius de Thespie
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04:23
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Pourquoi philosopher...
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| Narcissius |
Voici donc pourquoi philosopher : parce qu'il y a le désir, parce qu'il y a l'absence dans la présence, du mort dans le vif ; et aussi parce qu'il y a notre pouvoir qui ne l'est pas encore : et aussi parce qu'il y a l'aliénation, la perte de ce qu'on croyait acquis et l'écart entre le fait et le faire, entre le dit et le dire : et enfin parce que nous ne pouvons pas échapper à cela : attenter la présence du manque par notre parole.
En vérité, comment ne pas philosopher?
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Narcissius de Thespie
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04:03
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Cesserons-nous d'éprouver ce manque
La philosophie nous dit-elle quand, comment en finir avec lui? Ou bien, si elle sait comment elle a l'air de le savoir aujourd'hui, que ce manque est notre loi, que toute présence se donne sur fond d'absence, alors n'est-il pas légitime, raisonnable, de désespérer, de s'abrutir? Mais vous ne trouverez pas refuge non plus dans la bêtise, car n'est pas brute qui veut ; il vous faudrait refuser la communication et l'échange, il faudrait que vous obteniez le silence absolu ; or il n'y a pas de silence absolu, justement parce que le monde parle déjà, même si c'est d'un façon confuse, et que vous-même continueriez, au moins à rêver, ce qui déjà dit bien trop quand on ne veut plus rien entendre.
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Narcissius de Thespie
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03:54
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Transformer, entendre et nommer
Vous ne pouvez transformer le monde qu'en l'entendant, et la philosophie peut bien avoir l'air d'un ornement sclérosé, d'un passe-temps de demoiselle de bonne famille parce qu'elle ne produit pas des avions supersoniques ou parce qu'elle travaille en chambre et n'intéresse presque personne, elle peut être tout cela, et elle l'est réellement : il reste qu'elle est ou peut être aussi ce moment où le désir qui est dans la réalité vient à lui-même, où le manque dont nous souffrons, en tant qu'individu ou en tant que collectivité, ou ce manque se nomme et en se nommant se transforme.
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Narcissius de Thespie
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03:45
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La loi de la présence-absence

Vous n'échapperez pas au désir, à la loi de la présence absence, à la loi de la dette, vous ne trouverez aucun refuge, pas même dans l'action bien loin d'être un abri, vous exposera plus ouvertement que n'importe quelle méditation à la responsabilité de nommer ce qui doit être dit et fait, c'est à dire d'enregistrer, d'entendre et de transcrire à vos risques et périls, la signification latente dans le monde sur lequel vous voulez agir.
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Narcissius de Thespie
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03:32
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